Depuis le 2 avril, la Communauté économique et monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) nous a gratifiés d’un nouveau trésor : des pièces flambant neuves ! Sauf que, dans la vie trépidante du Gabon, ces petites merveilles métalliques ressemblent moins à une révolution monétaire qu’à un épisode de « Qui est-ce ? » grandeur nature. On parle de confusion, de ressemblance troublante, et de moments qui feraient rire… si ce n’était pas notre argent !
Commençons par le commencement, ou plutôt par le chaos. Les nouvelles pièces CEMAC, censées faciliter nos transactions, ont apparemment décidé de jouer à cache-cache avec notre bon sens. Prenez les pièces de 50 et 100 FCFA. Si vous n’avez pas une vue d’aigle ou une loupe à portée de main, autant dire que vous jouez à la roulette russe avec votre porte-monnaie. Les créateurs ont-ils confondu la table de travail avec un atelier de fabrication de frisbees ? Parce que là, la ressemblance est tellement frappante qu’on pourrait presque les utiliser pour lancer des disques dans un parc.
Mais le clou du spectacle des pièces CEMAC, le chef-d’œuvre d’absurdité, c’est cette pièce de 200 FCFA. Elle est, tenez-vous bien, totalement identique à l’ancienne pièce de 100 FCFA. Oui, vous avez bien lu. C’est comme si, pour renouveler votre garde-robe, vous remplaciez votre vieux jean par… un autre vieux jean, mais avec une étiquette « neuf » collée dessus. Les créateurs ont-ils fait un pari sur qui serait le plus confus ? Ou est-ce une nouvelle stratégie pour nous forcer à devenir des experts en numismatique improvisés ?
L’anecdote du taximan est là pour illustrer parfaitement le tableau. Notre client, après avoir payé 300 FCFA pour sa course, reçoit sa monnaie : quatre pièces. Il les range, tranquille. Mais voilà, le destin (et les nouvelles pièces CEMAC) en décident autrement. Pour sa prochaine course, il sort ses précieuses pièces, celles qui ressemblent étrangement à celles de 50 FCFA (mais qui sont en fait des 25 FCFA, apparemment). Le résultat ? Il se retrouve avec 100 FCFA au lieu des 200 FCFA attendus. Et devinez quoi ? Obligé de marcher jusqu’à chez lui, sacrée randonnée en perspective !
Alors oui, avec ces nouvelles pièces, il faut s’armer de patience, de concentration, et peut-être d’un petit carnet pour noter les différences. On attend avec impatience les prochaines émissions monétaires : peut-être des pièces de 1000 FCFA qui ressembleront à des boutons de chemise ? Ou des billets de 10 000 FCFA qui serviront de marque-pages ? En attendant, félicitations à la CEMAC pour avoir réussi à transformer une simple transaction financière en une aventure pleine de suspense et de quiproquos. C’est ça, la vraie magie de l’intégration économique ! Nos porte-monnaie vous remercient… ou pas.
Par Yann Yorick Manfoumbi Manfoumbi, journaliste stagiaire


























