Le Gabon attire. Et de plus en plus loin. Le 16 avril 2026, seize entreprises britanniques mandatées par le Commonwealth ont débarqué à Libreville pour une mission de prospection économique d’envergure. Reçus par le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, ces investisseurs ont affiché des ambitions claires dans des secteurs jugés prioritaires par les autorités gabonaises : énergie, infrastructures, transformation des minerais, numérique — et même production avicole.
Un partenariat en construction, pas en promesses
La délégation, conduite par le haut-commissaire britannique au Gabon Simon Day et pilotée par Atam Sandhu côté Commonwealth, n’en est pas à ses débuts. « C’est ma troisième mission ici », a souligné Sandhu, évoquant des accords en voie de finalisation « alignés avec la vision de l’État gabonais ». Cette continuité témoigne d’un intérêt britannique ancré dans la durée, bien au-delà des déclarations d’intention.
Au cours de leur séjour, les délégués ont visité la Zone d’investissement spéciale de Nkok — vitrine industrielle du pays — ainsi que le port d’Owendo, nœud logistique stratégique en pleine modernisation. Des sessions de travail intensives ont permis d’explorer des pistes concrètes dans les domaines des routes, du gaz naturel, de la transformation minière et de l’économie numérique.
Le barrage de Mitougou, symbole d’une ambition énergétique
Parmi les projets présentés aux investisseurs, le barrage hydroélectrique de Mitougou, dans la province de la Nyanga, occupe une place centrale. Hermann Immongault l’a décrit comme un chantier structurant pour l’ensemble du territoire : « Nous parlons de production, de transport et de distribution d’énergie », a-t-il précisé. Un projet qui illustre la volonté gabonaise de réduire ses déficits énergétiques et d’attirer des capitaux étrangers sur des infrastructures à fort impact social.
Le poulet comme enjeu stratégique
Le volet le plus inattendu de ces échanges concerne peut-être la filière avicole. Le gouvernement gabonais a annoncé son intention d’interdire les importations de poulet de chair d’ici 2027, dans le cadre d’une politique de souveraineté alimentaire affirmée. L’invitation est lancée aux entreprises britanniques : investir dans la production locale pour combler ce vide. Derrière ce signal apparemment modeste se dessine une stratégie plus large, réduire la dépendance aux importations, valoriser les ressources intérieures et créer des filières durables.
Le Gabon se positionne sur l’échiquier mondial
Cette mission s’inscrit dans un contexte de diversification économique volontariste. Depuis la transition politique de 2023, les nouvelles autorités gabonaises multiplient les signaux d’ouverture vers des partenaires extérieurs diversifiés, cherchant à dépasser la dépendance historique au pétrole. Le Royaume-Uni, en quête de relais de croissance post-Brexit dans les marchés émergents, trouve au Gabon un terrain propice : ressources naturelles abondantes, stabilité relative et appétit gouvernemental pour les capitaux étrangers.
La partie gabonaise a conclu ces rencontres par un appel explicite à la continuité du dialogue. Un message clair adressé à tous les partenaires potentiels : les portes sont ouvertes, les projets existent, les décisions se prennent.


























