Le ministère gabonais des Comptes publics a apporté des précisions ce mardi 13 janvier 2025, par voie de communiqué, concernant la suspension des décaissements de la Banque mondiale en faveur du Gabon. Cette mesure, qui a suscité de vifs débats depuis sa révélation par Africa Intelligence, repose sur des arriérés de dettes chiffrés à 17 milliards de F CFA au 10 janvier 2025.
Dans son communiqué, le ministère explique que cette situation résulte de plusieurs facteurs combinés qui ont conduit au retard du paiement des 17 milliards de FCFA du Gabon vis-à-vis de la Banque mondiale. Il cite d’abord « l’insuffisante mobilisation sur le marché international de ressources prévues dans la loi de finances », un écueil qui aurait directement impacté les flux financiers destinés au paiement de la dette. De plus, il met en avant « la prise en charge volontariste de mesures sociales additionnelles fortes, particulièrement attendues de longues dates par les populations », signalant l’importance accordée aux politiques sociales dans un contexte économique délicat. Enfin, l’État a affecté « des ressources importantes à des opérations stratégiques pour le pays », témoignant d’une volonté de préserver ses priorités nationales malgré les tensions budgétaires.
Malgré cette suspension, le gouvernement tient à rassurer ses partenaires internationaux ainsi que l’opinion publique nationale sur sa capacité à honorer ses engagements. Selon le communiqué, « à fin novembre 2024, l’État a effectué des paiements pour 1 210 milliards de F CFA au titre de la dette », soulignant ainsi les efforts constants en matière de gestion de la dette publique.
Par ailleurs, toutes les dispositions nécessaires ont été engagées pour régulariser cette situation des 17 milliards de FCFA que le Gabon doit à la Banque mondiale « dans les meilleurs délais ». Le ministère affiche sa détermination à rétablir un dialogue constructif avec la Banque mondiale et à préserver la crédibilité financière du Gabon sur la scène internationale.
Cette suspension met en lumière les défis auxquels fait face le Gabon, confronté à des arbitrages budgétaires complexes entre impératifs sociaux, dettes externes et projets stratégiques. Le gouvernement devra démontrer sa capacité à concilier ces priorités dans un contexte de pression croissante de ses partenaires financiers.










































