Réagissant aux propos »mensongers » de l’ex-agent de l’Agence gabonaise de presse (AGP), Léna Mboumba, le président du syndicat met ici les points sur les i. dans une interview à gabonmailinfos.
Q : Lundi dernier, lors de l’ouverture du colloque national de la Fonction publique, une ex-employée de l’AGP a fait sensation en accusant le ministre de la Communication d’avoir donné des instructions au directeur général de cette agence pour la licencier. Qu’en dîtes-vous ?
La sortie médiatique de notre ex-collègue nous a surpris. Je ne sais pas pourquoi elle parle de madame le ministre. Celle-ci n’intervient nullement dans la gestion des ressources humaines des établissements sous tutelle. Le mensonge était tellement gros, et je comprends que le ministre ait réagi par un sourire. Le mensonge était trop gros. Soyez rassuré, la vérité est tout autre. Je vais vous la donner. L’actuel Administrateur directeur général, lui, est un ancien diplomate. Quand on est passé par la diplomatie, on a de la retenue, on est dans la réserve. Moi je vous dis la vérité. Si le CDI s’était fait dans le respect des normes, il n’y aurait jamais eu de problème avec ce contrat. Or, ce CDI était antidaté. C’est pourquoi ce contrat ne pouvait pas tenir plus de 24 h. C’était un faux.
La vérité est que, à la veille de la passation des charges qui devait se dérouler le lundi 23 octobre 2023 entre le directeur général sortant et son successeur, le sortant, M. Mfouba, a demandé à son successeur, M. Etoughet Nzuet, de venir le trouver à l’agence le dimanche 22 octobre au soir, car il voulait lui présenter les dossiers. Ce qu’a accepté celui-ci. Au cours de cet échange, le sortant a dit à l’entrant ce qui suit : »j’ai emmené ici avec moi quatre personnes, à savoir Ken, Pierrette, Carlina (je préfère ne pas citer les noms de ces trois personnes en entier) et Léna Sène Mboumba ép. Mondjot, et tous partent avec moi ; je ne veux pas charger la masse salariale de l’agence, car j’imagine que vous aussi, vous aurez besoin d’emmener des proches ». Puis, dans la foulée, le sortant montre à l’entrant le message qu’il a envoyé à ses collaborateurs dans leur forum qu’ils avaient créé. Le message dit ceci : »Merci de m’avoir accompagné pendant ces 7 mois, nous partons tous ». C’est la vérité. Jusqu’au 22 octobre, ces quatre collaborateurs sont en CDD.
Le lendemain, 23 octobre, la passation officielle des charges a eu lieu. Le nouvel ADG a été installé par l’autorité de tutelle, c’est-à-dire le Ministre de la Communication. Une semaine plus tard, le 30 octobre, le nouvel ADG a appelé les quatre personnes, car il tenait à les remercier pour »les services rendus » à l’agence pendant les 7 derniers mois, et leur a souhaité bon vent et beaucoup de réussite dans leurs futurs challenges, tout en les assurant que le mois de novembre leur sera payé. Les quatre personnes sont alors sorties du bureau du Chef. Au moment où l’ADG s’entretient avec le Comptable pour lui donner instructions pour le paiement du salaire du mois de novembre aux partants, nous entendons des cris dans le hall. Léna Sène Mboumba s’écrie : »ça ne se passera pas comme ça, j’ai un CDI, j’irai à l’inspection du Travail ». Ces propos sont rapportés à l’ADG. Surpris d’entendre l’existence de ces CDI dont ne lui a pas parlé son prédécesseur, l’ADG rappelle les quatre ex-agents, et devant les interrogations de l’ADG, l’un d’entre eux reconnaît que ce sont des faux. Ces CDI avaient été signés le 23 octobre, jour de la passation de service, et datés du 14 septembre 2023. Un fait grave confirmé par la responsable juridique qui dit avoir prévenu le Chef sortant sur les répercussions que pouvaient avoir ces textes, mais celui-ci n’a pas tenu compte de ses observations. Elle établit les CDI sur les injonctions de celui qui était alors son Chef. C’est la vérité. Devant ce fait, le nouvel ADG a appelé, à plusieurs reprises, son prédécesseur, afin qu’il vienne clarifier la situation devant les quatre ex-agents, celui-ci n’est jamais venu pour des raisons d »’agenda chargé », disait-il. Donc, sur cet aspect de la question, une des quatre personnes du groupe et la responsable juridique reconnaissent que ces CDI sont des faux. C’est la vérité, j’attends d’être démenti si c’est faux.
Face à cela, le nouvel ADG dit aux intéressés qu’il va tous les garder, mais qu’il ne peut les garder que s’ils acceptent de revenir au statut qui était le leur jusqu’au 22 octobre 2023, vingt-quatre heures avant la passation, c’est-à-dire le CDD. Tous les quatre ont accepté cette offre qui, honnêtement, n’avait pas lieu d’être. Donc, le CDI de ces personnes n’aura duré que 24 heures. C’est la vérité. Ni le ministre, ni le conseil d’administration, n’a rien à voir là-dedans. C’est la vérité.
Les 4 CDD sont donc signés ; ils partent de novembre 2023 à mai 2024. Au mois de mai 2024, les CDD de Pierrette et de Ken sont renouvelés, les deux autres, dont celui de Léna Sène Mboumba, n’ont pas été renouvelés.
Pouvez-vous nous dire les raisons qui ont amené l’ADG à ne pas renouveler le CDD de Mme Léna Mboumba ?
Comme tous les mois, l’ADG et les syndicats font le point sur le fonctionnement de l’agence, nous avons été informés que depuis qu’il y avait eu le changement de chef au service Marketing où elle était affectée, Léna Sène Mboumba a commencé à faire de l’obstruction dans le service, à faire de la rétention de l’information pour mettre les bâtons dans les roues de la nouvelle chef de service. Elle recevait ou allait récupérer du courrier chez des annonceurs, mais ne les transmettait pas à son nouveau chef de service, perturbant ainsi gravement le fonctionnement du service. Cela lui a valu deux interprétations verbales et, ensuite, une lettre de demande d’explication de la part de l’ADG. Comme vous pouvez le comprendre, dès cet instant, la confiance était rompue. Son CDD n’a donc pas été renouvelé en mai 2024 pour »faute lourde ». C’est la vérité. Ce que cette femme a dit lundi, c’est un gros tas de mensonge, de l’affabulation, et de la mauvaise foi. Elle n’avait pas de CDI avant l’arrivée du nouvel ADG. Tout a été manigancé seulement quelques heures avant l’installation du nouvel ADG. C’est la vérité. Je vous ai dit que deux personnes peuvent le confirmer.
Par ailleurs, quand on entend dire que M. Etoughet Nzuet fait »la guerre » aux gens que son prédécesseur avait emmenés, c’est une hérésie, puisque sur les quatre personnes, deux sont en poste, avec renouvellement de leur contrat en mai 2024. L’ensemble des chefs de bureaux provinciaux nommés ou confirmés par lui sont toujours en poste, à l’exception d’un d’entre eux qui a demandé à revenir au Desk. Elle a d’ailleurs été promue chef de service. Tous les chefs de service que l’actuel ADG a trouvés sont toujours en place, à l’exception du service Marketing qui a un nouveau responsable. Tous les rédacteurs en Chef sont toujours en place. Seuls les chefs de page ont connu des ajustements à 50% ; ces ajustements font la mixture entre anciens et jeunes. Il y a effectivement une plus grande responsabilisation des jeunes aux côtés de l’expérience des anciens.
Une dernière question : le moral des troupes ?
Je peux dire que ça va, même si nous souhaitons obtenir un budget plus important. En tout cas, les salaires sont payés, les conditions de travail sont en nette amélioration avec la livraison récente d’ordinateurs dans certains services, avec la rénovation des bureaux provinciaux, avec la réhabilitation de certains services, tel que le service Archives et Documentation auquel nous attachons une importance toute particulière, avec la rénovation de certains autres bureaux qui étaient abandonnés. L’un de ces bureaux est devenu une belle salle de réunion qui a été baptisée par le CODIR au nom de Joseph Loembé, un ancien directeur de l’AGP entre 1976 et 1980. Si un chef travaille bien, pourquoi ne pas le reconnaître ? Surtout un monsieur comme l’actuel ADG qui est méticuleux, prudent et rigoureux. Honnêtement, les lignes bougent à l’AGP. Nous, les syndicats, exerçons évidemment quelques pressions lorsque certaines choses traînent, comme le dossier transport du personnel.
Q : Vous me donnez l’opportunité de vous poser une question sur les postes budgétaires. Qu’en est-il à l’agence ?
En début d’année, les syndicats ont été associés de manière étroite à ce dossier. Une soixantaine de dossiers ont été envoyés au ministère. Le ministère a envoyé à la Fonction publique. Notre mission s’arrêtait à ce niveau-là. Ce n’est pas la direction générale ou les syndicats qui ont demandé que tel ou tel soit mis en solde tel ou tel mois. Ce n’est pas nous qui demandons quand tel ou tel sera mis en solde. Nous exerçons simplement avec vigilance notre droit de contrôle sur la manière dont les choses se passent.
Propose recueillis par MDR


























