L’Afrique enregistre une percée remarquable dans le classement Impact 2024 du Times Higher Education, qui évalue les performances des universités mondiales selon les Objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies. En un an, le nombre d’universités africaines classées a plus que doublé aux côtés du leader l’Afrique du Sud, passant de 106 en 2023 à 230 en 2024, témoignant de l’engagement croissant du continent en faveur du développement durable.
Cette dynamique est particulièrement marquée en Algérie et au Nigeria, qui contribuent fortement à cette progression. L’Algérie affiche désormais 77 universités classées contre 14 l’année précédente, tandis que le Nigeria passe de 11 à 27 établissements. Ces résultats reflètent la montée en puissance de l’enseignement supérieur africain sur la scène internationale, au-delà du traditionnel leadership sud-africain.
Amélioration des performances universitaires africaines
Alors que les universités du pays arc-en-ciel dominaient historiquement le classement, d’autres institutions africaines commencent à se démarquer. Pour la deuxième année consécutive, une université non sud-africaine occupe une place de premier plan dans le classement. Il s’agit de l’Université Afe Babalola, une institution privée nigériane, qui se hisse dans le top 10 et obtient la première place pour l’ODD 7, dédié à l’énergie propre et abordable. Cette performance repose non seulement sur des actions internes significatives en matière de gestion de l’énergie, mais aussi sur des initiatives de sensibilisation communautaire.
L’Égypte brille également dans ce domaine, avec cinq de ses universités classées parmi les 20 meilleures pour l’ODD 7, reflétant l’investissement du pays dans les énergies renouvelables et la transition énergétique.
Focus sur les ODD les plus populaires
Sur les 17 ODD évalués, l’ODD 17, axé sur les partenariats pour la réalisation des objectifs, est le plus plébiscité par les universités africaines, car il est indispensable pour être inclus dans le classement général. En outre, les ODD 4 (éducation de qualité), 3 (bonne santé et bien-être), et 5 (égalité des sexes) figurent parmi les priorités des universités du continent, en phase avec les tendances mondiales.
Il est intéressant de noter que 59 % des universités africaines soumettent des données sur l’ODD 1, qui vise à éradiquer la pauvreté, un taux bien supérieur à la moyenne mondiale de 49 %. L’Afrique du Sud se distingue dans ce domaine des universités africaines, avec trois de ses universités figurant parmi les 15 meilleures au monde pour cet objectif : l’Université de Johannesburg, l’Université de Pretoria et l’Université Afe Babalola.
L’Afrique du Sud toujours en tête mais rattrapée
Bien que l’Afrique du Sud continue de dominer les classements avec des institutions comme l’Université de Johannesburg (36e), l’Université de Pretoria (42e), et l’Université du Cap (77e), elle est désormais rejointe par d’autres nations africaines. Le Ghana, la Tunisie, et l’Égypte renforcent également leur présence, avec plusieurs universités apparaissant dans les rangs supérieurs du classement.
Les universités sud-africaines se distinguent particulièrement par leurs programmes de soutien aux étudiants issus des milieux défavorisés, illustrant un engagement fort envers la lutte contre la pauvreté.
Des défis persistants pour certains ODD
Malgré les avancées notables, certains ODD restent sous-représentés parmi les universités africaines. L’ODD 14, qui traite de la vie aquatique, est le moins populaire, suivi des ODD 12 (consommation et production responsables) et 15 (vie terrestre). Ces domaines représentent encore des défis pour les universités du continent, qui devront intensifier leurs efforts dans ces secteurs pour une approche plus équilibrée du développement durable.












































