L’inscription récente du Mvet Oyeng au patrimoine immatériel de l’humanité par l’UNESCO, bien qu’accueillie comme une victoire, a rapidement plongé le Gabon dans une polémique profonde 5 jours après. La pétition du collectif « Les Gabonitudes » remet en question le cadre d’inscription basé sur le concept « Ekang », accusant une appropriation culturelle et une falsification de l’histoire. Ce débat met en lumière des tensions cruciales entre fierté patrimoniale et fractures identitaires, tout en soulevant des interrogations sur la gestion du patrimoine culturel en Afrique centrale.
L’enthousiasme suscité par cette reconnaissance n’aura été que de courte durée. Alors que le Mvet Oyeng est célébré comme un symbole de l’identité gabonaise, la réaction du collectif souligne une fracture au sein même de cette identité. En affirmant que le Mvet est exclusivement Fang, le collectif défend une vision essentialiste de la culture, qui peut paradoxalement renforcer les divisions plutôt que de les apaiser. En rejetant le concept d’Ekang comme un outil d’instrumentalisation, ils ne font que cristalliser une opposition qui pourrait nuire à l’unité régionale.
La critique de l’« agenda idéologique tribaliste » soulève des questions sur la manière dont les identités sont construites et manipulées. Dans un monde où les identités culturelles sont de plus en plus fluides et interconnectées, la rigidité de certaines revendications peut sembler dépassée. La reconnaissance du Mvet comme patrimoine commun pourrait potentiellement servir de pont entre les communautés, plutôt que de les diviser. En insistant sur une « paternité » exclusive, le collectif risque de négliger l’évolution des cultures par le biais des échanges et des migrations.
De plus, la position du gouvernement gabonais face à cette polémique est cruciale. Ignorer les revendications des Gabonitudes pourrait entraîner une perte de légitimité au sein de la communauté Fang, tandis qu’une réaction proactive pourrait favoriser un dialogue inclusif. La question demeure : comment l’UNESCO et les États concernés peuvent-ils naviguer dans cette complexité identitaire tout en préservant le patrimoine culturel ?
La controverse autour du Mvet Oyeng ne se limite pas à une simple question d’appropriation culturelle. Elle révèle des fractures profondes au sein des identités africaines contemporaines, où l’histoire, la politique et la culture s’entrelacent. Plutôt que de diviser, cette situation pourrait offrir une occasion unique de redéfinir et d’enrichir les identités culturelles en Afrique centrale.
Ecrit par Yann yorick MANFOUMBI MANFOUMBI


























