À Brazzaville, en marge des Assemblées annuelles de la BAD, Brice Clotaire Oligui Nguéma a défendu une vision claire. Le chef de l’État gabonais est venu bien au-delà des mines et des infrastructures. Il est venu plaider pour une nouvelle ère industrielle pour son pays. Face aux investisseurs et aux chefs d’État, son message était ambitieux. Ainsi, le projet de Kobé Kobé a été présenté comme un levier stratégique majeur. Derrière ce port se dessine une volonté de repositionner le Gabon dans la chaîne mondiale de valeur.
Rompre avec des décennies d’exportation brute
Pendant des décennies, l’Afrique a exporté ses richesses sans en capturer la valeur. D’autres nations, en revanche, ont bâti leur prospérité sur la transformation de ces ressources. Le Gabon semble désormais vouloir briser cette logique héritée. En effet, le projet intégré Bélinga – Kobé Kobé – Booué illustre une doctrine économique nouvelle. Exploiter, transformer et valoriser localement : tels sont les trois piliers de cette stratégie. C’est donc un tournant clair dans la politique économique gabonaise.
Un corridor industriel comme colonne vertébrale
Le futur port de Kobé Kobé servira de porte de sortie au gisement de fer de Bélinga. Ce gisement figure parmi les plus importants gisements inexploités au monde. Pourtant, il ne s’agit pas seulement d’exporter du minerai brut. Le chemin de fer entre Bélinga et la côte est au cœur du dispositif. De même, le barrage hydroélectrique de Booué fournira l’énergie nécessaire à la transformation. Ensemble, ces infrastructures forment un corridor industriel générateur d’emplois et de croissance durable.
Des partenariats stratégiques pour accompagner la mutation
Le partenariat avec le groupe australien Fortescue, via Ivindo Iron SA, traduit une ambition concrète. Le Gabon entend attirer des capitaux capables d’accompagner cette mutation économique profonde. À l’horizon 2030, le début de l’exploitation de Bélinga pourrait marquer un tournant historique. Par ailleurs, ce modèle envoie un signal fort aux investisseurs internationaux. Le pays ouvre ses portes, mais avec une vision plus exigeante de son développement. C’est ainsi que se construit une économie souveraine et structurée.
Vers une souveraineté fondée sur la transformation locale
Au-delà du fer, le Gabon veut bâtir une souveraineté économique durable. Cette souveraineté repose sur la transformation locale des ressources naturelles de Belinga et Kobé Kobé. Une telle stratégie pourrait redessiner le paysage industriel du pays pour les prochaines décennies. Enfin, comme on le dit souvent à Lambaréné :
« Le pêcheur qui vend tous ses poissons finit toujours par acheter des arêtes chez son voisin. »


























