Le Gabon accélère la transformation de son système éducatif. Depuis le 21 avril 2026, l’Institut pédagogique national (IPN) accueille une série de travaux stratégiques réunissant experts gabonais et partenaires français. Objectif : finaliser les nouveaux dispositifs de l’enseignement général destinés aux enseignants du secondaire, une étape considérée comme structurante pour la modernisation de l’école gabonaise.
Au cœur de ces travaux, la mise en place d’outils normatifs qui doivent servir de socle à la formation des enseignants. Ferdinand Patrick Mba Essono, inspecteur d’administration à l’Inspection générale des services (IGS) et coordonnateur de l’activité, détaille les ambitions du chantier : élaboration d’un référentiel métier, d’un référentiel de compétences, d’un référentiel de formation et d’un référentiel d’évaluation.
Selon lui, les équipes sont désormais engagées dans une phase cruciale : la production des maquettes de formation. Celles-ci seront soumises à un atelier national de validation, ultime étape avant leur déploiement. Cette démarche vise à structurer durablement la professionnalisation des enseignants, longtemps considérée comme l’un des maillons faibles du système éducatif.
Les experts nationaux, mobilisés depuis plusieurs mois, saluent l’avancée des travaux. Ghislaine Gnangué, inspecteur de vie scolaire à l’IGS, explique que le référentiel de compétences, articulé autour de douze unités, a permis de dégager neuf unités d’enseignement. Celles-ci sont actuellement en cours de transformation en modules pédagogiques.
Elle insiste sur la méthodologie adoptée : analyse préalable des cadres juridiques et institutionnels, identification des compétences clés, puis structuration progressive des contenus de formation. Cette approche vise à garantir une cohérence entre les exigences du système éducatif gabonais et les pratiques professionnelles attendues sur le terrain.
La ministre d’État Camélia Ntoutoume Leclercq, présente à l’ouverture des travaux à l’IPN, a salué une initiative « attendue par toute la communauté éducative ». Elle a souligné la qualité des réflexions menées et rappelé que la montée en compétences des enseignants constitue un levier essentiel pour améliorer les performances scolaires à long terme.
Les experts français associés au projet ont, eux aussi, reconnu la solidité du processus engagé. S’ils évoquent la nécessité de quelques ajustements, ils estiment que les avancées observées témoignent d’un travail rigoureux et d’une dynamique de réforme bien ancrée.
La finalisation des référentiels marque une étape déterminante, mais le chantier reste vaste : validation nationale, formation des formateurs, déploiement progressif des modules, suivi et évaluation des impacts. Le Gabon semble toutefois engagé sur une trajectoire claire : bâtir un système éducatif modernisé, plus performant et mieux aligné sur les standards internationaux.


























