Dans les eaux calmes de la lagune Ndougou comme dans celles du fleuve Nyanga, le constat est désormais unanime : le poisson se fait rare. Ce phénomène, qui s’installe progressivement depuis plusieurs années, menace non seulement l’équilibre écologique de ces milieux mais aussi la survie économique et alimentaire des communautés riveraines.
La lagune Ndougou, vaste étendue d’eau de près de 582 km², et le fleuve Nyanga, l’un des plus importants cours d’eau du sud du Gabon, ont longtemps été des zones de pêche privilégiées. Barracudas, capitaines, carangues ou tilapias y abondaient, constituant une ressource vitale pour les populations locales. Aujourd’hui, les pêcheurs rapportent des prises de plus en plus faibles, signe d’une pression croissante sur les stocks halieutiques.
La raréfaction du poisson résulte d’une combinaison de facteurs :
Surpêche artisanale et industrielle : l’absence de régulation stricte favorise des pratiques intensives.
Techniques non durables : filets à mailles trop fines et pêche en période de reproduction compromettent le renouvellement des espèces.
Pressions environnementales : pollution, dérèglement climatique et modification des écosystèmes côtiers accentuent la fragilité des milieux.
Demande croissante : la consommation locale et l’exportation augmentent, accentuant la pression sur les ressources.
Pour les communautés riveraines, la baisse des captures n’est pas qu’un problème écologique. Elle se traduit par une diminution des revenus, une hausse des prix du poisson sur les marchés et une menace directe pour la sécurité alimentaire. Le poisson, source essentielle de protéines au Gabon, devient progressivement un produit rare et cher. Certains pêcheurs sont contraints de migrer vers d’autres zones, créant parfois des tensions avec les communautés voisines.
Face à cette crise silencieuse, plusieurs pistes sont évoquées :
Gestion durable : instauration de quotas, périodes de repos biologique et surveillance accrue.
Aquaculture : développer l’élevage de poissons pour réduire la pression sur les milieux naturels.
Sensibilisation : informer les pêcheurs sur les impacts de la surpêche et promouvoir des pratiques responsables.
Politiques publiques renforcées : une coopération entre autorités locales, ONG et communautés est indispensable.
La lagune Ndougou et le fleuve Nyanga ne sont pas seulement des espaces de pêche : ils représentent un patrimoine naturel et culturel du Gabon. Leur fragilisation pose une question plus large : celle de la gestion durable des ressources halieutiques dans le pays. Sans action concertée, le risque est de voir disparaître une partie importante de ce patrimoine, avec des conséquences durables sur l’économie et la sécurité alimentaire nationale.


























