Le 24 octobre 2025, la ville de Moanda a accueilli la restitution officielle de l’étude pilote consacrée au papillomavirus humain (HPV), en présence du ministre de la Santé, Pr Adrien Mougougou, des représentants du Groupe Eramet, de l’Administrateur Directeur Général de Comilog, ainsi que de plusieurs partenaires du secteur sanitaire. Menée par les équipes du Laboratoire d’Analyses Médicales de l’Hôpital Marcel Abéké (HMA), cette initiative symbolise une avancée scientifique et humaine majeure dans la prévention des cancers féminins liés au HPV. Elle illustre, selon les organisateurs, « la volonté commune du secteur public et du secteur privé de bâtir une santé préventive solide et accessible ».
Un projet pilote à portée nationale
Entièrement financée par le Groupe Eramet, cette étude s’est déroulée de mars à juin 2025 dans les départements de la Lebombi-Leyou et de Lékoko, au sein de la province du Haut-Ogooué. L’objectif, selon les responsables de Comilog, était clair : briser le silence autour du HPV et promouvoir le dépistage précoce parmi les femmes âgées de 35 à 65 ans, principales cibles de cette pathologie silencieuse.
Ce programme, qualifié de « première pierre d’une stratégie nationale de prévention », a permis de tester de nouveaux outils diagnostiques tout en sensibilisant les communautés locales à l’importance de la santé reproductive.
Une mobilisation communautaire sans précédent
Au-delà de la recherche scientifique, le projet a pris la forme d’une vaste campagne de sensibilisation itinérante dans les villes et villages de Moanda, Mounana, Bakoumba et Sucaf, touchant plusieurs centaines de personnes. À travers l’Hôpital Marcel Abéké, Eramet-Comilog a démontré son engagement citoyen. L’entreprise a voulu « aller à la rencontre des populations, là où le sujet demeure souvent méconnu, voire tabou ».
Pour Anne-Marie Le Maignan, Directrice des Ressources Humaines du Groupe Eramet, cette expérience incarne « le rôle social de l’entreprise face aux défis sanitaires du territoire ». Elle a affirmé : « Nous serons à vos côtés dans toute initiative de ce type et serons toujours heureux et fiers de partager avec l’État du Gabon les connaissances acquises grâce à ces différents projets pilote. »
Les résultats de cette phase pilote sont éloquents : 200 femmes ont été dépistées, révélant 19 % de cas suspects, soit près d’une femme sur cinq présentant des lésions cancéreuses. Un chiffre alarmant qui justifie, selon les autorités, l’urgence d’étendre le dispositif à l’ensemble du territoire national.
Des engagements concrets pour l’avenir
À l’issue de la présentation, le ministre de la Santé, Pr Adrien Mougougou, a tenu à saluer la démarche du groupe industriel : « Je tiens à saluer l’implication d’Eramet-Comilog et de sa maison mère dans cette lutte. Je formule le vœu que ce partenaire devienne leader et porte-étendard national dans la lutte contre ces cancers. »
Fort de cette reconnaissance, Eramet a annoncé de nouveaux engagements : le renforcement des capacités techniques des structures médicales du pays, notamment à l’Hôpital régional Amissa et au CHU de Libreville (CHUL). Le groupe prévoit la dotation en kits de dépistage et de traitement, ainsi que la formation des sages-femmes sur l’utilisation de ces dispositifs innovants.
Comme l’a souligné la direction d’Eramet-Comilog, « le dépistage doit devenir une pratique routinière et efficace, soutenue par des équipements fiables et du personnel formé ». Ce partenariat exemplaire entre Eramet-Comilog et l’État gabonais démontre qu’une synergie entre industrie et santé publique peut, à terme, sauver des vies et poser les bases d’une véritable politique de prévention durable au Gabon.


























