Le samedi 26 octobre 2026, le quartier Mveng-Ayong a connu une effervescence inhabituelle. Sous un soleil complice, les habitants se sont rassemblés autour de leur chef de quartier, le Major Moukambi, pour une rencontre citoyenne consacrée à le Boulevard de la Ve République, ce vaste chantier initié par le président Brice Clotaire Oligui Nguema. Si la promesse d’une route moderne, agrémentée de plateformes sportives, de terrains de basket et de football, suscite l’enthousiasme, elle soulève aussi des inquiétudes quant aux risques d’inondation liés aux travaux parallèles de l’entreprise Jad Béton.
Dans un ton solennel, le Major Moukambi a rappelé que « la rencontre de cet après-midi n’est pas politique, mais citoyenne ». Retraité de la gendarmerie depuis quinze ans, il a évoqué, non sans nostalgie, l’histoire du quartier : « Autrefois, on passait par ici, au milieu des manguiers. L’ancienne route reliait le Carrefour La Paix à Mveng-Ayong ».
Aujourd’hui, cette voie renaît, pavée de promesses et de reconnaissance : « Tout le monde devrait dire merci à Dieu et au président Oligui pour cette route ». Pour lui, cette réalisation dépasse le simple confort : elle symbolise « le développement de notre cher quartier », un projet collectif où « nos enfants n’auront plus besoin d’aller jouer ailleurs ».

Dans un souffle presque liturgique, il a ajouté : « Que Dieu vous donne la force et les moyens d’aller remercier Papa Oligui ».
Sur le terrain, les bâtisseurs partagent cette ferveur. Ephrem Charly Okogho, directeur général de Twins Services BTP, a salué la mobilisation spontanée des habitants : « Nous avons été surpris par la présence massive des riverains. Les travaux du Boulevard de la Ve République avancent bien et nous remercions le chef de l’État pour la confiance ».

Pour lui, cette route est bien plus qu’un ruban d’asphalte : c’est un trait d’union entre les populations et la vision d’un président qui veut moderniser le visage d’Akanda.
Mais au cœur de cette euphorie populaire, quelques voix rappellent la prudence. Alain-Claude Moussavou Mouketou, citoyen engagé, a tenu à alerter : « Nous ne voulons pas que ce projet soit détourné ou déplacé ailleurs ». Ces mots sonnent comme un appel à la vigilance, pour que le Boulevard de la Ve République reste fidèle à son dessein initial.
Plus loin, Madame Abaga, habitante du Carrefour Moussavou, a exprimé « un ouf de soulagement » : « On a souffert pendant des années des problèmes d’eau et d’inondation. Aujourd’hui, on est ravi de ce projet ». Ses mots résument l’espérance d’une population longtemps oubliée des grands travaux.
Cependant, le chantier parallèle de Jad Béton suscite de vives critiques. Une résidente, exaspérée, a interpellé les responsables : « Quand il pleut, l’eau remonte jusque chez Monsieur Meye. Venez arranger ce que vous avez gaspillé, Jad Béton ! » Cette exclamation, à la fois plainte et avertissement, traduit la crainte d’un progrès mal maîtrisé.
Entre gratitude et revendication, Mveng-Ayong incarne désormais le visage d’un Gabon en marche : un territoire où la Route de la Ve République relie non seulement les quartiers, mais aussi les aspirations d’un peuple à son avenir.












































