114e sur 179. Le chiffre ne fait pas rêver. Pourtant, il cache une rupture historique. Pour la première fois depuis des années, le Gabon ne recule plus sur l’échelle démocratique mondiale. L’institut suédois V-Dem, référence mondiale en la matière, le retire officiellement de la liste des nations qui s’éloignent de la démocratie. Mieux encore, il le range parmi les rares pays qui s’en rapprochent. Le pays remonte la pente. Il part seulement de très bas.
Quatre bonnes nouvelles dans un monde qui rétrécit démocratiquement
Cette année, le tableau mondial de la démocratie est sombre. Partout, la liberté perd du terrain. Même les États-Unis figurent parmi les pays en difficulté. C’est précisément ce contexte qui rend le cas gabonais remarquable. V-Dem classe le Gabon parmi quatre « bonnes nouvelles » mondiales, aux côtés du Liban, de l’île Maurice et de la Corée du Sud. Selon l’institut, les élections organisées en 2025 expliquent ce tournant.
À contre-courant d’une Afrique subsaharienne en crise démocratique
Le contraste africain est saisissant. Cette année, douze pays d’Afrique subsaharienne s’éloignent de la démocratie, le chiffre le plus élevé de toutes les régions du monde. Burkina Faso, Mali, Niger, Togo : le continent accumule les reculs. Le Gabon, lui, prend le chemin inverse. Il rejoint même la liste très courte des trois seuls pays susceptibles de devenir prochainement des démocraties en progrès, avec le Tchad et la Corée du Sud.
Coups d’État, élections, transition : une trajectoire inédite
V-Dem souligne un fait singulier. Le Gabon et le Tchad ont organisé des élections après leurs coups d’État respectifs. Ils ont remis le pouvoir à des civils. Ce chemin, rare sur le continent, distingue les deux pays. Toutefois, l’histoire enseigne la prudence. La Zambie a progressé, puis reculé. Dès lors, le progrès gabonais devra se confirmer dans la durée pour être définitivement inscrit.
Un signal encourageant, une vigilance indispensable
En somme, le Gabon marque un point. Ce n’est pas encore une victoire, mais c’est bien plus qu’un signe. Remonter la pente quand le monde entier dévale la pente : voilà ce que V-Dem reconnaît. Finalement, l’enjeu est désormais de transformer ce signal en trajectoire irréversible.







































