Le Gabon s’apprête à vivre une séquence déterminante pour sa souveraineté alimentaire. Une délégation de haut niveau du Centre du riz pour l’Afrique, AfricaRice, arrive imminamment à Libreville. Son directeur général conduit personnellement la mission. Cette visite traduit l’intérêt croissant de l’institution panafricaine pour la relance de la filière rizicole nationale. En effet, les autorités gabonaises souhaitent structurer ce secteur pour réduire leur dépendance aux importations.
Une dynamique déjà enclenchée par la recherche agronomique
En effet, cette visite ne tombe pas dans le vide. Elle s’inscrit dans une dynamique nouvelle autour de la recherche agronomique. Après les missions successives de la Jica et de la Kafaci, AfricaRice vient renforcer un mouvement déjà engagé. Ainsi, ce mouvement se déploie aux côtés du Programme national de sélection et d’amélioration végétale, le PNSAV-PS. Les chercheurs gabonais ont récemment franchi une étape majeure. Trois variétés de riz adaptées aux conditions agroclimatiques locales viennent d’être homologuées. Ces semences, déjà cultivées par plusieurs producteurs, marquent une avancée concrète pour la professionnalisation de la filière.
Des rencontres ciblées pour identifier les leviers d’accélération
Durant son séjour, la délégation multipliera les rencontres avec les institutions nationales. Recherche, formation, production agricole : tous les maillons de la chaîne sont concernés. L’objectif est clair : identifier les leviers pour accélérer la montée en puissance de la riziculture
gabonaise. Amélioration variétale, mécanisation, gestion de l’eau, structuration des chaînes de valeur — tout est sur la table. Par ailleurs, des visites de sites pilotes et des sessions techniques permettront d’évaluer les besoins réels du terrain.
80 % de riz importé : un enjeu économique, social et sécuritaire
Les chiffres parlent comme un avertissement. Aujourd’hui, plus de 80 % du riz consommé au Gabon vient de l’étranger. Cette dépendance n’est pas seulement économique. Elle est aussi sociale et sécuritaire. Dès lors, repositionner le riz comme culture stratégique nationale devient une urgence. Au-delà de l’appui scientifique, la mission AfricaRice ouvre la voie à une coopération renforcée. Son expertise pourrait contribuer à bâtir une filière durable, compétitive et capable de soutenir les ambitions nationales en matière de sécurité alimentaire.
Un partenariat structurant pour un moteur de développement rural
L’arrivée d’AfricaRice à Libreville marque une étape décisive. C’est celle d’un partenariat technique pensé pour transformer la riziculture en véritable moteur de développement rural. Finalement, l’enjeu dépasse la simple production agricole. Il s’agit de faire du riz gabonais un pilier de la résilience alimentaire nationale. Car un pays qui nourrit son peuple construit aussi sa liberté.












































