À l’issue des travaux du Haut Conseil pour l’Investissement, gouvernement, patronat et acteurs économiques se sont réunis. Une recommandation attire particulièrement l’attention. Désormais, les dirigeants des établissements publics pourraient être recrutés par appel à candidatures. Cette méthode remplacerait la simple nomination traditionnelle. Cette réforme marquerait une rupture historique.
Derrière cette idée se cache une remise en question profonde. En effet, plusieurs entreprises publiques sont accusées d’inefficacité et d’opacité financière. Par ailleurs, le pays ambitionne d’attirer massivement les investissements privés. Ainsi, la question du management public devient centrale. Ce virage séduit les investisseurs étrangers.
Un diagnostic sans complaisance
Hermann Immongault, Vice-président du Gouvernement, a présidé la réunion de restitution lundi. Cette rencontre a conclu un vaste processus de concertation. Celui-ci s’est déroulé du 4 au 10 juin 2026 à Libreville.
Plus de 1100 participants ont analysé les freins à la compétitivité nationale. Fiscalité, gouvernance, logistique et commande publique ont fait l’objet d’échanges approfondis.
Les conclusions convergent vers un constat partagé. Souvent, l’administration publique freine l’activité économique au lieu de la faciliter. Délais excessifs, lourdeurs bureaucratiques et manque de coordination alimentent les critiques du secteur privé.
Une révolution silencieuse de la gouvernance
C’est dans ce contexte qu’émerge cette proposition audacieuse. L’objectif reste simple, privilégier la compétence sur la logique de nomination. Cette évolution rapprocherait le Gabon des standards internationaux. D’ailleurs, plusieurs économies émergentes appliquent déjà ces procédures transparentes.
Pour les investisseurs, cet enjeu n’a rien de théorique. Une entreprise publique mal gérée ralentit l’activité et décourage les investissements. À l’inverse, des structures performantes fluidifient les échanges commerciaux.
Le rapport recommande aussi des brigades mixtes de contrôle. De plus, il préconise l’apurement des crédits de TVA. Enfin, il propose de sécuriser le financement de la CNAMGS. Ces mesures viseraient à fluidifier l’environnement des affaires.
Une ambition de 18 000 milliards de FCFA
Le gouvernement compte sur le secteur privé pour financer son développement. Sur les 26 000 milliards nécessaires, 18 000 milliards proviendraient d’investissements privés. Ce chiffre illustre les attentes économiques.
Pour atteindre cet objectif, l’attractivité du pays devient stratégique. Les participants ont donc insisté sur le nouveau Code des investissements. Ils réclament aussi une meilleure gouvernance économique.
Alain-Claude Kouakoua, président de la Fédération des Entreprises du Gabon, a remis ce rapport officiellement. Ce geste symbolise un nouveau pacte entre l’État et le secteur privé.
Vers une crédibilité renforcée à l’international
Reste une question essentielle. Ces recommandations seront-elles réellement appliquées ? Un plan d’action couvre déjà les cent prochains jours. Toutefois, c’est le terrain qui jugera cette démarche.
Finalement, ce débat dépasse le simple climat des affaires. Il interroge l’avenir du Gabon. Comment bâtir un État performant et compétent ? Sur la scène internationale, cette réforme pourrait renforcer la crédibilité du Gabon. Plusieurs bailleurs de fonds surveillent attentivement ces annonces. Une gouvernance transparente rassurerait davantage les partenaires étrangers.






































