Le samedi 2 août 2025, plus de 450 observateurs électoraux gabonais se sont réunis au Centre de perfectionnement professionnel Basil Ondimba, à l’occasion de la Journée nationale des observateurs électoraux, organisée conjointement par l’Observatoire chrétien pour la Paix (OCP) et l’Observateur national des élections libres et transparentes (ONELT). L’événement, placé sous le thème « Observation électorale au Gabon : enjeux et perspectives », visait à renforcer les capacités des observateurs, tout en interrogeant la place qui leur est accordée dans le dispositif démocratique.
« Nous organisons cette journée pour accompagner l’État gabonais dans sa volonté d’organiser des élections libres, transparentes et apaisées », a déclaré le Commandant Alain Roger Bambeda Boukomba, président du comité d’organisation. L’objectif est clair : doter les observateurs nationaux d’outils professionnels permettant un suivi rigoureux du processus électoral.
Face aux critiques récurrentes concernant les conditions précaires des observateurs électoraux gabonais comparées à celles des observateurs internationaux, le commandant a réagi avec lucidité : « L’OCP ne dispose pas des moyens colossaux des ONG internationales. Il est donc essentiel que l’État examine la question du soutien aux ONG nationales ». Il ajoute avec insistance : « Le meilleur observateur n’est pas celui qui vient de l’extérieur, mais celui qui connaît intimement les réalités de son pays ».

Cdt Alain Roger Bambeda Boukomba © D.R
Alain Zue Ndemezo’o, président de l’ONELT, a quant à lui regretté la faible connaissance de l’observation électorale dans le pays. Selon lui, « la plupart des citoyens s’attendent à une gratification financière immédiate, ce qui rend difficile leur engagement sur le long terme ». Il plaide donc pour une meilleure formation et une revalorisation du rôle des observateurs.

Le prophète Max Alexandre Ngoua, coordinateur général de l’OCP, a apporté un éclairage introspectif : « Il est indispensable, après chaque scrutin, de faire le point, de tirer les leçons et d’évaluer ce qui a fonctionné ou non. Cette journée a permis aux observateurs de partager leurs expériences, leurs difficultés, mais aussi leurs aspirations ». Il insiste également sur le fait que « cette première journée nationale n’est pas un point d’aboutissement, mais le début d’un processus de structuration et de reconnaissance ».
Parmi les perspectives évoquées, le renforcement des compétences figure en bonne place. « Nous souhaitons que des observateurs gabonais puissent un jour être déployés à l’international, dans des pays comme la Côte d’Ivoire ou le Cameroun », a affirmé le prophète, en appelant à une professionnalisation accrue du métier. Il conclut : « Les observateurs électoraux nationaux sont les bras séculiers de l’État, détenteurs d’une conscience culturelle des enjeux et porteurs d’une impartialité précieuse. Ils méritent reconnaissance et soutien institutionnel ».











































