Libreville. Dans les rues, sur les campus et jusque dans les couloirs du pouvoir, une expression revient avec insistance : les fils de la veuve. Derrière ce terme, une accusation lourde : celle d’une minorité qui s’accaparerait l’État gabonais, au mépris du principe de la Res Publica, la chose commune. Toutefois, tous ne militent pas pour cette monopolisation aux conséquences désastreuses pour le pays et qui se traduit par :
Une soif de postes
Selon leurs détracteurs, ces acteurs veulent occuper tous les postes stratégiques. Ministères, directions générales, entreprises publiques : rien ne leur échapperait. Une logique de monopole qui nourrit la frustration d’une population en quête de diversité et de représentativité. Cette logique a entrainé une vague importante de candidats à l’initiation.
Les bastions du savoir
Les universités et grandes écoles seraient devenues leurs terrains de prédilection. Objectif : contrôler la formation des élites et assurer la continuité de leur domination. Une stratégie qui, selon certains enseignants, freine l’innovation et enferme la jeunesse dans un système verrouillé.
L’État pris en otage
« L’État ne leur appartient pas, il appartient à tous », martèle un observateur politique. Pourtant, la perception dominante est celle d’un pays confisqué. Les institutions, censées servir l’intérêt général, seraient instrumentalisées pour des intérêts privés.
Des résultats décevants
Malgré cette omniprésence des fils de la veuve,, les résultats économiques, financiers et culturels sont jugés médiocres. Les grands projets stagnent, les indicateurs sociaux reculent, et la recherche scientifique peine à émerger. Une domination sans vision, disent les critiques.
La corruption en toile de fond
Les scandales financiers alimentent le malaise. Sur dix affaires de détournement de fonds, neuf seraient liés à eux, selon des sources proches des milieux économiques. Une réputation qui ternit l’image du pays et fragilise la confiance des citoyens.
Une culture fragilisée
Au-delà des chiffres, c’est l’identité gabonaise qui serait menacée. Les valeurs de solidarité et de respect, piliers de la culture nationale, seraient sapées par une logique individualiste et prédatrice.
Au total, la dénonciation des fils de la veuve illustre un malaise profond : celui d’une République perçue comme confisquée. Entre accusations de corruption, inefficacité et atteinte aux valeurs culturelles, la question reste ouverte : comment redonner à l’État sa vocation première, celle de servir l’ensemble des citoyens ?
Steeve Yondzi,
Président du Cercle de Réflexion Afrique Dignité


























