Le président gabonais a donné une instruction ferme au ministre de l’Économie. Celui-ci doit créer rapidement un cadre juridique pour plafonner les rémunérations. Ce plafond des rémunérations concernera les dirigeants des établissements publics et sociétés d’État. Il s’appliquera aussi aux sociétés d’économie mixte. Cette réforme répond à une demande sociale ancienne. En outre, elle cible l’un des symboles les plus persistants des dysfonctionnements de l’État.
Des charges salariales jugées disproportionnées dans les entités publiques
Le diagnostic officiel est sans ambiguïté. Les rémunérations des dirigeants publics alourdissent excessivement les charges de l’État. Par ailleurs, le budget rectificatif 2026 révèle une masse salariale globale de 958,6 milliards de francs CFA. Dans ce contexte, la question de l’équité salariale devient prioritaire. La réforme couvre un périmètre très large. Ainsi, quasiment aucune entité à capitaux publics n’échappe à ce nouveau dispositif.
Certains directeurs généraux perçoivent des salaires sans rapport avec les grilles de la fonction publique.
Un cadre technique complexe à définir pour éviter les effets pervers
L’annonce politique est claire. Cependant, le texte juridique reste à construire. Plusieurs questions méritent une attention particulière. Faut-il un plafond unique ou des grilles différenciées par type d’entité ? Comment éviter que la mesure ne décourage les profils compétents ? De plus, des expériences similaires ailleurs en Afrique ont exigé des ajustements. Le Sénégal, notamment, a dû affiner son décret sur les rémunérations des dirigeants publics. Ces précédents servent d’enseignement utile pour Libreville.
Des modèles internationaux à suivre pour renforcer la réforme
Le benchmarking évoqué lors du Conseil des ministres devrait s’appliquer à ce dossier. Le modèle marocain offre une architecture éprouvée. Il repose sur des plafonds indexés au niveau de responsabilité de chaque dirigeant. Le chiffre d’affaires des entités concernées constitue également un critère de référence. D’autres pays africains ont adopté des approches similaires du plafonnement des rémunérations des dirigeants avec des résultats probants. Cette comparaison internationale renforce la crédibilité du projet gabonais.
Un signal politique fort dans un contexte de rigueur budgétaire assumée
Au-delà de la technique de réajustement de ces rémunérations des dirigeants, cette réforme envoie un message politique clair. Le président choisit de faire peser une partie de l’effort d’ajustement sur les élites administratives. Cette démarche est cohérente avec le discours de refondation de l’État. Néanmoins, la réussite dépendra entièrement de l’exécution. Trop de réformes fixation des salaires des dirigeants ont été vidées de leur substance par des délais et des exceptions. L’opinion publique suivra donc de près la rédaction du texte annoncé.

























