Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a révoqué ce vendredi 22 mai son Premier ministre Ousmane Sonko, après des mois de tensions croissantes entre les deux anciens alliés.
La rupture d’un duo historique
Les deux hommes avaient pourtant fait campagne ensemble sous le slogan « Diomaye Moy Sonko » (« Diomaye c’est Sonko » en wolof), tout juste sortis de prison grâce à une amnistie. Sonko, empêché de se présenter à la présidentielle de 2024 en raison d’une condamnation pour diffamation, avait lui-même désigné Faye pour le remplacer dans la course.
Des tensions de plus en plus visibles
Depuis l’élection de Faye, les tensions n’ont cessé de monter avec son ancien mentor, dont l’influence considérable avait pourtant contribué à porter le duo au pouvoir. Début mai, le président avait critiqué la « personnalisation excessive » de Sonko au sein du parti, déclarant que ce dernier ne resterait Premier ministre que tant qu’il bénéficierait de sa confiance.
Sonko toujours influent
Malgré son limogeage, Sonko conserve une position de force : son parti domine largement l’Assemblée nationale depuis les législatives de novembre 2024, et une réforme du code électoral adoptée fin avril lui ouvre la voie à une candidature à la présidentielle de 2029. À l’annonce de sa révocation, il a déclaré qu’il dormirait « le cœur léger », avant d’être acclamé par des centaines de personnes devant son domicile dakarois.
Un contexte économique difficile
En toile de fond, le Sénégal est le deuxième pays le plus endetté d’Afrique subsaharienne selon le FMI, avec une dette atteignant 132% du PIB, héritée du gouvernement précédent — ce qui avait entraîné la suspension d’un programme d’aide de 1,8 milliard de dollars.
La bataille pour 2029 entre les deux anciens alliés semble bel et bien lancée.












































