Libreville, le 22 mai 2026 — Au lendemain du passage du ministre d’État chargé des Transports, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, une question agite les milieux du transport public gabonais. Pourquoi le climat social à la Compagnie Nationale de Navigation Intérieure et Internationale – (CNNII) paraît-il aujourd’hui plus explosif qu’ailleurs ? D’autres entreprises publiques traversent pourtant les mêmes difficultés sans atteindre ce niveau de tension.
Une souffrance sociale réelle et documentée
Personne ne peut nier la détresse qui frappe la Compagnie Nationale de Navigation Intérieure et Internationale. Des mois d’arriérés de salaires pèsent lourdement sur les familles. Une incertitude permanente épuise un personnel déjà éprouvé par des années de crise structurelle. La colère est légitime. L’exaspération aussi.
Pourtant, certaines voix appellent à la retenue
Cependant, beaucoup estiment que le contexte actuel exige davantage de lucidité. Les autorités affichent leur volonté d’engager des réformes dans le secteur des transports. Ce moment précis réclame du sens des responsabilités, plus que tout autre. Une radicalisation du discours social risque d’affaiblir encore une entreprise déjà fragilisée.
Le parallèle avec Trans’Urb et la SOGATRA
Le rapprochement avec Trans’Urb et la SOGATRA revient régulièrement dans les discussions. Ces deux structures publiques ont traversé, et traversent encore, des difficultés financières importantes. Retards de paiement, tensions sociales, contraintes budgétaires, incertitudes liées aux restructurations : leurs agents vivent des réalités comparables à celles de la CNNII. Pourtant, le climat social y reste globalement plus maîtrisé.
Une différence d’attitude qui interpelle
Notamment, du côté de Trans’Urb et de la SOGATRA, nombreux sont les agents ayant choisi la patience institutionnelle. Ils accompagnent les réformes annoncées par l’État dans le cadre du processus de fusion engagé par les autorités. À la CNNII, en revanche, plusieurs observateurs dénoncent un durcissement progressif des rapports internes. Une montée permanente des tensions alimente ce climat d’affrontement.
Les difficultés n’expliquent pas tout
Certes, les difficultés économiques expliquent une grande partie du malaise observé. Mais elles ne suffisent pas toujours à justifier certains comportements. Ces comportements risquent d’aggraver davantage la situation d’une entreprise déjà sous pression. Dans un contexte de relance, la priorité devrait être la préservation de l’outil de travail.
Ce que les « 100 jours » ont mis en lumière
Précisément, le passage du ministre des Transports a mis en avant la nécessité de reconstruire un secteur plus stable. Un secteur plus crédible et plus performant est l’objectif affiché par les autorités de transition. Or, cette reconstruction ne peut aboutir sans un minimum de cohésion. Les administrations et les personnels concernés doivent avancer dans le même sens.
Ainsi, le véritable défi de la CNNII ne semble plus uniquement financier. Il devient aussi humain et organisationnel. Une entreprise peut survivre à une crise budgétaire. Elle survit rarement lorsque la fracture interne devient totale.























