Le Conseil national de la jeunesse du Gabon (CNJG), organe censé incarner les aspirations et les ambitions de la jeunesse gabonaise, traverse une crise structurelle inquiétante. Sans siège fixe depuis son expulsion du local de Bas de Gué-Gué pour deux années d’impayés estimées à plus de 120 millions de fcfa, le CNJG fonctionne désormais dans l’ombre, privé de visibilité et de moyens logistiques.
Cette situation compromet gravement la mise en œuvre de la Politique Nationale de la Jeunesse, pourtant cruciale dans un pays où plus de 60 % de la population a moins de 30 ans. L’absence de cadre juridique moderne, de financement transparent et de leadership structuré affaiblit la légitimité de cette institution, jadis porte-voix des jeunes dans les sphères décisionnelles.
Malgré une dotation budgétaire annoncée de 500 millions de fcfa, aucun programme structurant n’a vu le jour. Le Conseil national de la jeunesse du Gabon n’a pas été convié aux grands rendez-vous nationaux tels que le Dialogue national inclusif, laissant la jeunesse sans représentation dans les débats qui façonnent l’avenir du pays.
Plus grave encore, le Conseil souffre d’un désintérêt croissant de la part des jeunes eux-mêmes, qui ne s’y reconnaissent plus. L’absence de démocratie interne, de transparence et de proximité avec les réalités locales accentue cette fracture.
Redonner un souffle au CNJG, c’est redonner une voix à la jeunesse gabonaise. Cela passe par :
– Une réforme profonde des textes fondateurs ;
– La mise en place d’un siège fonctionnel et accessible ;
– Une gouvernance transparente et inclusive ;
– Et une volonté politique affirmée de faire de la jeunesse un acteur central du développement national.
Dans un Gabon en quête de renouveau, la jeunesse ne peut rester en marge. Le Conseil national de la jeunesse du Gabon doit redevenir un pilier, un repère, un moteur. Car investir dans la jeunesse, c’est investir dans l’avenir du pays.


























