Libreville, le 12 mars 2026- Au Gabon, la masse salariale de l’État a enregistré une progression notable au cours des neuf premiers mois de l’année 2025. Selon une note de conjoncture sectorielle, les dépenses consacrées à la rémunération des agents publics sont passées de 187,4 milliards FCFA au premier trimestre à 194,5 milliards FCFA au troisième trimestre, soit une augmentation cumulée de 7,1 milliards FCFA. Cette évolution correspond à une hausse globale d’environ 3,8 % par rapport au niveau observé en début d’année.
Dans le détail, les charges salariales de la fonction publique se sont établies à 187,4 milliards FCFA au premier trimestre. Au deuxième trimestre, elles ont atteint 192,2 milliards FCFA, soit une progression de 2,6 % par rapport aux trois premiers mois de l’année. La dynamique s’est poursuivie au troisième trimestre, avec 194,5 milliards FCFA, enregistrant une augmentation supplémentaire d’environ 1,2 % par rapport au trimestre précédent.
Au total, l’écart entre le premier et le troisième trimestre représente 7,1 milliards FCFA de dépenses supplémentaires, absorbées par le budget de fonctionnement de l’État. Cette évolution reflète notamment des charges qui n’avaient pas été entièrement anticipées au niveau initial des prévisions budgétaires.
La note de conjoncture attribue cette progression principalement à l’évolution des effectifs au sein de la fonction publique. Au troisième trimestre 2025, le nombre d’agents publics aurait augmenté d’environ 1,4 %, en raison de recrutements ciblés ainsi que de l’intégration de nouveaux agents dans le fichier solde.
Par ailleurs, la reprise des recrutements d’agents classés en Main-d’Œuvre Non Permanente (MONP) a également contribué à l’élargissement de la masse salariale de l’État. Cette catégorie d’agents, souvent mobilisée pour répondre à des besoins ponctuels de l’administration, représente un levier important dans l’ajustement des effectifs publics.
Dans un contexte budgétaire où la maîtrise des dépenses publiques reste un enjeu central, cette progression de la masse salariale illustre une tension classique des finances publiques : celle qui oppose l’exigence de discipline budgétaire à la nécessité de renforcer les capacités humaines de l’administration. Un équilibre délicat que de nombreux États tentent d’ajuster avec la précision d’un horloger… car dans les finances publiques, chaque recrutement finit toujours par apparaître quelque part dans l’équation.


























