Libreville, mars 2026 – Il y a des rumeurs qui circulent si vite qu’elles finissent par ressembler à des vérités. Celle d’un cabinet municipal « pléthorique » de 186 conseillers autour du maire de Libreville, Pierre Mathieu Obame Etoughe, avait pris des proportions incontrôlables sur la place publique. L’édile a décidé d’éteindre l’incendie à la source, dans un entretien accordé au quotidien L’Union, avec des chiffres, des faits et une fermeté sans ambiguïté.
36 conseillers, pas 186 : le maire sort la calculatrice
« Aujourd’hui, j’ai un cabinet de trente-six conseillers. Ça, tout le monde peut le vérifier. Rien à voir donc avec les cent quatre-vingt-six personnes que j’aurais nommées », a déclaré Pierre Mathieu Obame Etoughe, dénonçant des accusations relevant selon lui de « la mauvaise foi ». Un démenti cinglant, chiffres à l’appui, pour un maire visiblement agacé par des critiques qu’il juge aussi infondées que malveillantes. Depuis sa prise de fonction, des réformes organisationnelles profondes ont été engagées au sein du cabinet municipal : mise en place de départements structurés, lutte contre l’absentéisme chronique et réduction des émoluments des chargés d’études et de mission. L’ensemble de ces mesures sera présenté lors du prochain Conseil municipal, annoncé dans environ trois semaines.
70 millions pour les arrondissements : une augmentation, pas une punition
Sur la question des 70 millions de francs CFA alloués aux six mairies d’arrondissement, le maire central a également tenu à remettre les pendules à l’heure. Rappelant que les maires d’arrondissement sont avant tout ses délégués, dont les compétences se limitent principalement à la gestion de l’état civil, il a précisé que ces fonds, appelés « états spéciaux », étaient auparavant plafonnés à 60 millions. « Cette augmentation démontre que je ne mène aucune croisade » contre ces autorités locales, a-t-il affirmé, balayant toute interprétation hostile de cette décision budgétaire.
300 agents fictifs radiés, digitalisation à 70 % : la mairie en mode assainissement
Au-delà des polémiques, c’est la modernisation de la gouvernance municipale qui semble constituer le fil conducteur du mandat d’Obame Etoughe. En partenariat avec l’Agence nationale des infrastructures numériques et des fréquences (ANINF), la mairie de Libreville affirme avoir déjà réalisé 70 % de son processus de digitalisation administrative. Résultat concret et immédiat : environ 300 agents fictifs ont été radiés des effectifs municipaux, mettant fin à des années de saignée budgétaire silencieuse. Réduction des charges salariales, augmentation des recettes municipales, transparence renforcée : le maire dessine en creux le portrait d’une administration longtemps à la dérive, qu’il entend remettre sur les rails, un chiffre à la fois.


























