Publié par L’Union, le drame qui secoue la cité du haut-Ogooué résonne comme un cri de douleur dans tout le pays. Samuel Ankama, élève de 4e au lycée public Eugène-Mikoto de Ngouoni, a succombé à un empoisonnement présumé, deux jours après avoir sombré dans le coma. La jeunesse gabonaise, encore une fois, se retrouve endeuillée par un acte dont la cruauté défie toute logique.
Tout aurait commencé comme une banale sortie entre amis, ce vendredi-là. Une après-midi de camaraderie, censée être un moment de détente, s’est transformée en tragédie. Autour d’un simple verre partagé, la mort aurait glissé, silencieuse et perfide, dans le breuvage de Samuel. À son insu, une substance illicite y aurait été versée — un poison invisible, tapi dans l’ombre de la confiance. En quelques instants, la joie de vivre a laissé place à la suffocation, puis au malaise brutal.
Les témoins racontent que le jeune garçon s’est effondré, victime d’un mal mystérieux. Transporté d’urgence au centre médical de Ngouoni, il a été ensuite évacué vers le Centre hospitalier universitaire Amissa Bongo de Franceville. Là, les médecins ont tenté l’impossible pour arracher Samuel aux griffes de la mort. Mais la faucheuse, déjà tapie au chevet du garçon, n’a laissé que le silence et les larmes. Après deux jours de lutte acharnée, Samuel Ankama a rendu son dernier souffle, laissant derrière lui une famille anéantie et une communauté en état de choc.
Aujourd’hui, la douleur est palpable à Ngouoni. Dans les couloirs du lycée Eugène-Mikoto, les murmures se mêlent aux sanglots : « Comment des amis ont-ils pu commettre l’irréparable ? » s’interrogent enseignants et élèves, encore incrédules. La mère du défunt, brisée, n’a que des mots de désespoir pour exprimer sa perte : son fils, ce garçon plein de vie et d’avenir, a été arraché à son amour par une trahison inimaginable.
La Police judiciaire (PJ) a ouvert une enquête. Les éléments sur le terrain recherchent activement les jeunes qui accompagnaient Samuel lors de cette sortie fatale. Le mystère reste entier : s’agissait-il d’un jeu macabre, d’une vengeance dissimulée ou d’une manipulation tragique ? Autant de questions sans réponses, suspendues au-dessus d’un cercueil encore chaud.
Ce drame, d’une cruauté rare, vient rappeler à la société gabonaise les dérives inquiétantes qui minent la jeunesse : la banalisation des substances toxiques, les rivalités larvées, la perte des repères. Samuel Ankama, dans son innocence, en paie le prix le plus lourd.
Son corps repose désormais dans une maison de pompes funèbres de Franceville, mais son histoire, elle, reste gravée dans les mémoires comme une plaie ouverte. Une tragédie qui, au-delà du chagrin, invite à la réflexion : que devient une génération quand l’amitié elle-même devient une arme ?


























