Dans un contexte de transition économique et de quête de souveraineté industrielle, le gouvernement gabonais amorce une nouvelle dynamique de coordination intersectorielle. Le ministère de l’Accès universel à l’eau et à l’énergie a récemment accueilli une réunion stratégique consacrée à la planification énergétique du secteur minier, élément central de la transition énergétique minière que le pays souhaite engager. Cette initiative, portée par la ministre de la Planification et de la Prospective, Louise Pierrette Mvono, a réuni autour de la table plusieurs membres du gouvernement, dont Gilles Nembé, ministre des Mines et des Ressources géologiques.
L’objectif affiché : renforcer la synergie entre les secteurs des mines, de l’énergie et du pétrole, dans la perspective d’une exploitation plus intégrée et durable des ressources naturelles. Cette rencontre intervient alors que le Gabon s’est engagé à interdire l’exportation des minerais bruts à partir de janvier 2029, une mesure ambitieuse qui impose une transformation locale accrue et une infrastructure énergétique robuste, fondée sur une meilleure intégration des énergies renouvelables dans le cadre de la transition énergétique minière.
Mais derrière les discours de convergence, plusieurs défis structurels demeurent. Le secteur énergétique gabonais souffre encore de disparités d’accès, de dépendance aux énergies fossiles et d’un déficit d’investissements dans les sources propres. La planification énergétique du secteur minier, fortement consommateur en électricité, soulève donc la question de la capacité réelle du pays à accompagner cette mutation industrielle sans aggraver les déséquilibres existants.
La présence conjointe des ministres en charge des mines, de l’énergie, de la planification et du pétrole témoigne d’une volonté politique de coordination. Toutefois, l’efficacité de cette approche dépendra de la mise en œuvre concrète des décisions prises, de la mobilisation des financements nécessaires et de la capacité à anticiper les tensions entre impératifs économiques et exigences environnementales.
Cette réunion pourrait marquer un tournant si elle débouche sur une feuille de route claire, assortie d’objectifs mesurables. À défaut, elle risquerait de rejoindre la longue liste des concertations sans lendemain, dans un pays où la planification reste trop souvent théorique et où la transition énergétique minière devra encore prouver qu’elle peut devenir un levier réel de développement durable.


























