Il y a des douleurs qui ne se voient pas, qui ne se lisent pas sur un visage, qui ne s’entendent pas dans un couloir de bureau, et pourtant, elles dévorent de l’intérieur. L’endométriose est de celles-là. Ce vendredi 13 mars 2026, la Tour ANINF de Libreville a choisi de ne plus se taire. Dans ses murs habituellement dédiés aux infrastructures numériques, une journée de sensibilisation organisée en partenariat avec l’association Endofi Gabon a réuni personnel de l’agence, responsables associatifs et professionnels de santé autour d’un seul mot d’ordre : briser le silence et soutenir les femmes qui vivent, chaque jour, avec cette maladie chronique encore trop souvent banalisée, minimisée, voire ignorée par ceux qui auraient le pouvoir de la prendre en charge.
Une maladie silencieuse qui frappe une femme sur dix dans le monde
L’endométriose est une maladie chronique dans laquelle des tissus semblables à l’endomètre se développent en dehors de l’utérus, provoquant douleurs intenses, saignements, fatigue chronique et parfois infertilité. Souvent réduite à de simples « règles douloureuses » dès l’adolescence, elle peut débuter dès les premières menstruations et laisser des cicatrices profondes sur la scolarité, la vie professionnelle, la vie familiale et la santé mentale de celles qui en souffrent en silence.
L’ANINF : placer l’humain au centre de toute action publique
Placée sous le thème « Endométriose et hypo fertilité », cette rencontre a posé avec une précision chirurgicale la question que beaucoup n’osent pas formuler. Représentant le directeur général Alberto Wenceslas Mounguengui Moudoki, M. Mba Mve Maixent n’a pas mâché ses mots : « Notre devoir est de placer l’humain au centre de toute action publique et de contribuer à faire évoluer les mentalités. Cette journée de sensibilisation n’est pas seulement un événement, elle doit être un point de départ, un moment d’écoute et de compréhension. Nous devons tous nous engager pour mieux reconnaître les souffrances invisibles et soutenir celles qui vivent avec cette maladie au quotidien. » Des mots qui sonnent comme un engagement, pas comme un discours de façade.
Nina Andeme épouse Berre : un témoignage qui traverse la salle comme une lame

La présidente d’Endofi Gabon a interpellé l’assemblée avec une question qui a résonné longtemps après : « Combien de femmes ici viennent travailler chaque jour en silence, tout en supportant des douleurs que personne ne voit ? ».
Nina Andeme épouse Berre, la secrétaire générale plaide pour trois priorités : la reconnaissance de l’endométriose comme affection longue durée, la formation spécialisée des professionnels de santé et l’accès facilité à la procréation médicalement assistée. , elle a rappelé que la sensibilisation ne concerne pas uniquement les femmes, mais aussi leurs collègues, responsables et proches.
Trois combats prioritaires pour transformer la prise en charge
La secrétaire générale a identifié trois leviers structurants. D’abord, la reconnaissance de l’endométriose comme affection de longue durée, pour permettre une prise en charge médicale à moindre coût. Ensuite, la formation et la spécialisation des professionnels de santé grâce à des bourses et financements dédiés à la recherche. Enfin, l’accompagnement à la fertilité avec un accès facilité à la procréation médicalement assistée, à la fécondation in vitro et aux démarches d’adoption pour celles que les traitements n’ont pas suffi à aider.
Dr Marcelle Abeghe Ngoua : neuf formes, neuf combats singuliers

Responsable du comité scientifique d’Endofi, le Dr Abeghe Ngoua a complété ce tableau clinique en détaillant les neuf formes connues de la maladie, pelvienne, profonde, pulmonaire, abdominale, ombilicale, diaphragmatique, pariétale, adénomyose et asymptomatique, rappelant que chaque forme est une trajectoire de vie bouleversée, un combat que la médecine gabonaise doit apprendre à mieux accompagner.
Prisca Koho Nlend : l’ANINF rejoint Endofi et ouvre la voie à une couverture médicale adaptée

La présidente du Conseil d’administration de l’ANINF a franchi un pas hautement symbolique en rejoignant personnellement Endofi Gabon, proposant des mécanismes d’assurance et de couverture médicale adaptés pour réduire les coûts des examens, des traitements et des interventions chirurgicales, rendant ainsi la prise en charge plus accessible et équitable pour toutes les femmes concernées.
eGabon-SIS : le numérique au service de la santé des femmes
En tant qu’entreprise citoyenne, l’ANINF contribue également à la digitalisation du système de santé via le programme eGabon-SIS, déjà expérimenté dans treize structures sanitaires. Ce programme offre une meilleure gestion des données, des circuits d’information plus fluides et une coordination renforcée entre professionnels de santé, associations et institutions. Sensibilisation, recherche scientifique, dispositifs d’assurance et numérique sanitaire : le Gabon construit, pierre après pierre, un bouclier pour ses femmes les plus vulnérables. Dans le dynamisme impulsé par le président Brice Clotaire Oligui Nguema, ces initiatives ouvrent la voie à une réponse moderne, inclusive et durable face à une maladie qui n’attendait que d’être enfin regardée en face.











































