Le lundi 4 mai 2026, le Groupe Ebomaf s’est retrouvé au cœur d’une vive contestation sociale. Ainsi, cette entreprise de BTP, active sur plusieurs grands chantiers au Gabon, fait face à une mobilisation. En effet, des salariés en colère ont publiquement pris la parole pour dénoncer leurs conditions de travail. Par ailleurs, ils les jugent contraires au droit gabonais et attentatoires à leur dignité. Le terme qu’ils emploient est fort : ils parlent d’un véritable « traumatisme » vécu depuis l’implantation de la société dans le pays.
La manifestation, conduite de manière pacifique, marque néanmoins un point de rupture dans la relation entre les travailleurs et leur employeur Ebomaf.
Des violations présumées du Code du travail gabonais
Au cœur des griefs exprimés par les agents d’Ebomaf figure le non-respect flagrant du droit du travail national. Plusieurs salariés affirment n’avoir perçu aucun bulletin de salaire depuis plusieurs mois, certains évoquant une période pouvant atteindre une année entière. Cette opacité financière plonge des pères de famille dans une précarité difficile à gérer au quotidien.
Par ailleurs, des congés acquis après plus d’un an de service à Ebomaf n’auraient toujours pas été rémunérés, en contradiction directe avec le seuil légal fixé à douze mois par le Code du travail gabonais. Ces manquements cumulés alimentent un sentiment d’injustice profonde parmi le personnel.
Sécurité et cotisations sociales : des zones d’ombre inquiétantes
Au-delà de la rémunération, c’est la sécurité physique des travailleurs qui est en jeu. Les employés signalent l’absence totale de couverture assurantielle en cas d’accident sur les chantiers. Concrètement, un ouvrier blessé en cours de mission ne bénéficierait d’aucune prise en charge médicale de la part de l’entreprise.
Des interrogations sérieuses planent également sur la gestion des cotisations prélevées au titre de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale. Si les prélèvements sont bien effectués sur les salaires, les employés affirment ignorer la destination réelle de ces fonds et doutent de l’effectivité de leur couverture sociale.
Chantage contractuel : une pression dénoncée comme une atteinte aux droits fondamentaux
L’un des points les plus graves concerne la méthode employée pour obtenir des signatures de nouveaux contrats à Ebomaf. Ainsi, le versement du salaire serait conditionné à la signature immédiate de nouvelles conventions. En effet, cette pratique est dénoncée comme un chantage délibéré par les travailleurs. Par ailleurs, elle toucherait les travailleurs gabonais et les employés expatriés venus d’Afrique de l’Ouest. Pour les manifestants, il s’agit d’une violation frontale des droits fondamentaux du travailleur..
Un appel solennel à l’État gabonais
Malgré la tension palpable, les employés ont refusé toute dégradation de matériel. Ils en appellent désormais aux autorités compétentes pour que la loi gabonaise soit pleinement appliquée. Le retour à la sérénité sur les chantiers dépendra en grande partie de la réactivité des institutions face à cette crise sociale qui interpelle directement l’État de droit au Gabon.

























