À Libreville, la tension est montée d’un cran au sein du mouvement sportif national après la mise en garde du Comité international olympique (CIO), qui a exhorté les autorités gabonaises à ne pas reporter les élections du Comité national olympique du Gabon (CNOG), prévues initialement le 25 avril. Face au risque de sanctions internationales, le gouvernement a convoqué en urgence les présidents de fédérations sportives pour tenter de désamorcer la crise.
Jeudi soir, lors d’une réunion organisée par le ministre des Sports, Paul Ulrich Kessany Zategwa, c’est finalement le ministre de l’Intérieur, Adrien Nguema Mba, qui a joué les médiateurs. Appelant à une solution équilibrée, il a plaidé pour ce qu’il a qualifié de “Justice de Salomon”, une formule destinée à concilier les exigences du CIO et les impératifs administratifs du gouvernement.
Depuis plusieurs semaines, le ministère des Sports avait suspendu les processus électoraux du CNOG et de la Fégafoot, estimant que plusieurs fédérations n’étaient pas en conformité. Une décision qui a suscité l’incompréhension des acteurs sportifs, d’autant que les dossiers avaient été déposés dès février.
Le courrier du CIO, reçu mercredi, a agi comme un électrochoc. L’institution olympique rappelle régulièrement que les comités nationaux doivent fonctionner sans ingérence politique, un principe auquel elle attache une importance capitale. Le Gabon risquait donc une mise sous surveillance, voire une suspension, scénario aux conséquences lourdes pour les athlètes et les compétitions internationales.
Après trois heures de débats parfois houleux, un compromis a émergé. Les fédérations déposeront dès vendredi leurs dossiers directement au siège du CNOG, qui les transmettra ensuite aux ministères concernés pour régularisation. Une Assemblée générale extraordinaire sera convoquée samedi afin de fixer une nouvelle date pour les élections, possiblement le 2 mai, sous réserve de consultations avec le représentant du CIO présent à Libreville.
Pour Willy Asseko, président de la Fédération gabonaise de basketball, cette issue marque un tournant : les fédérations voient enfin une perspective claire, tout en évitant une confrontation frontale avec Lausanne.
Si la crise semble momentanément contenue, elle met en lumière un problème plus profond : la lenteur administrative et l’absence de coordination entre les fédérations et le ministère. Pourquoi les dossiers déposés depuis regarder n’ont-ils pas été traités ? Cette question reste sans réponse et alimente les critiques sur la gestion du secteur sportif.
La Fégafoot, également concernée par la suspension, devrait pouvoir organiser son élection dans les prochaines semaines, une fois son agrément technique validé.
En invoquant la “Justice de Salomon”, le gouvernement tente de montrer qu’il cherche une voie médiane, respectueuse des normes internationales tout en réaffirmant son rôle de régulateur. Mais cette crise révèle surtout la nécessité d’une réforme structurelle de la gouvernance sportive au Gabon, afin d’éviter que de telles tensions ne se reproduisent.


























