La Cour des comptes a identifié environ 120 000 bénéficiaires indûment enregistrés à la CNAMGS. Ce constat concerne le fichier des Gabonais économiquement faibles, ou GEF. Sur près d’un million de personnes recensées, 900 000 sont effectivement prises en charge. Cette anomalie relance ainsi le débat sur le ciblage des ressources sociales publiques. Toutefois, la Cour précise clairement que ce chiffre n’implique pas nécessairement une fraude.
En effet, ce constat révèle plutôt des inscriptions qui ne correspondent plus aux critères actuels. La juridiction recommande donc désormais un nettoyage complet de ce fichier national.
Un enjeu financier majeur pour la protection sociale
L’enjeu financier demeure très considérable pour les finances publiques gabonaises actuelles. Le Fonds des GEF puise notamment ses ressources dans la téléphonie mobile. Les transferts de fonds alimentent également ce dispositif de solidarité nationale. Cette double source finance ainsi la protection sociale des plus vulnérables.
Pour 2026, la loi de finances prévoit ainsi 50,54 milliards de FCFA. Cette enveloppe provient de la Contribution spéciale de solidarité affectée aux GEF. En 2025, ce montant s’élevait seulement à 40,94 milliards de FCFA. Cette hausse traduit ainsi l’ampleur croissante des besoins sociaux nationaux.
Combien coûte réellement l’anomalie ?
Le rapport pose ainsi une question bien plus vaste que le simple décompte. La Cour recommande l’assainissement du fichier pour réaliser des économies. Elle souhaite également améliorer durablement la prise en charge des assurés. Toutefois, le montant précis de ce préjudice financier reste inconnu aujourd’hui.
Cette distinction s’avère essentielle pour comprendre réellement l’ampleur exacte du problème. Identifier des dossiers irréguliers ne détermine pas automatiquement les sommes perdues. Il faudrait donc distinguer clairement une anomalie administrative et une véritable perte financière. Sans cette clarification préalable, tout chiffrage resterait ainsi purement spéculatif.
Le problème dépasse le fichier GEF
L’audit pointe également des failles dans la gestion des évacuations sanitaires. Un manque de traçabilité affecte notamment les dépenses réalisées à l’étranger. Certaines factures ne permettent pas toujours de relier clairement les montants payés. Ce flou complique ainsi le contrôle rigoureux des dépenses publiques engagées.
Ces montants ne permettent pas toujours de relier clairement les soins dispensés. La Cour recommande ainsi une réforme complète du mode de contractualisation. La CNAMGS pourrait désormais contracter directement avec les établissements hospitaliers étrangers concernés. Cette mesure renforcerait notablement la transparence de ces dépenses sensibles.
Au fond, le dossier CNAMGS dépasse ainsi la simple anomalie administrative. Il révèle un véritable enjeu de maîtrise de la dépense sociale. Fiabiliser les bénéficiaires en amont reste désormais une priorité absolue. Tracer les paiements en aval permettrait également d’éviter de futurs dysfonctionnements. Mesurer précisément le coût réel des anomalies s’impose donc naturellement. Pour un dispositif financé par des prélèvements obligatoires, la rigueur compte vraiment. La qualité du contrôle devient ainsi une condition essentielle de son efficacité. Les prochains mois diront si ces recommandations trouveront une application concrète et durable.












































