Au Cameroun, certaines décisions administratives défient parfois toute logique et alimentent la chronique. C’est le cas singulier de M. Djemo Fogué Fabrice, enseignant de physique-chimie-technologie au lycée bilingue de Mindick, qui a été nommé le 05 septembre 2025 à une fonction des plus insolites. Dans une note officielle émanant de la direction de l’établissement, cet éducateur a été désigné « enseignant promu responsable des toilettes ».
Cette décision, qui a rapidement suscité étonnement et ironie, illustre l’absurdité que peut parfois revêtir la gestion des ressources humaines dans le système éducatif. Comment comprendre qu’un pédagogue formé à transmettre des savoirs scientifiques soit désormais contraint de cumuler ses charges académiques avec l’entretien et la surveillance des sanitaires scolaires ?
Beaucoup y voient une forme de dévalorisation de la profession enseignante.
Certes, la propreté des toilettes demeure un enjeu crucial dans tout établissement scolaire. Mais la désignation d’un enseignant responsable des toilettes met en lumière un paradoxe : confier à un diplômé, déjà chargé de former des générations d’élèves, une tâche qui pourrait être assumée par du personnel technique. Cette situation prête à sourire, mais elle soulève une question sérieuse : jusqu’où ira-t-on dans la banalisation du rôle des enseignants ?

Au-delà de la dimension comique de cette affaire, plusieurs voix dénoncent un mépris implicite pour le métier d’éducateur. Car derrière ce cas se cache un malaise plus profond : la reconnaissance sociale et institutionnelle des enseignants dans un pays où leurs conditions de travail et de rémunération restent souvent précaires. Pour beaucoup d’observateurs, cette nomination symbolise un symptôme d’un système éducatif en crise, où les priorités semblent brouillées.
Toutefois, certains estiment que cette décision, aussi déconcertante soit-elle, traduit au moins une volonté d’impliquer chaque membre du corps enseignant dans la gestion de la vie quotidienne de l’école. Mais la formule retenue « enseignant promu responsable des toilettes » paraît maladroite, presque blessante, tant elle réduit la dignité de l’intéressé à une fonction d’entretien.
En définitive, ce cas illustre la frontière ténue entre l’absurde et le réel. Si l’humour populaire s’en empare déjà, il convient de rappeler que derrière les rires se cache la frustration d’un corps enseignant qui attend reconnaissance et respect. Car promouvoir un professeur à la gestion des toilettes, c’est donner le sentiment d’un déclassement institutionnel.


























