À l’occasion de la Journée internationale de la démocratie, les locaux de l’École normale supérieure (Ens) de Libreville ont accueilli ce mardi 16 septembre 2025 un atelier de sensibilisation contre les discours de haine en période électorale. Cette initiative, portée par la Commission nationale gabonaise pour l’Unesco avec le soutien de l’Unesco et de la Direction générale de la communication du ministère de la communication et des médias, s’inscrit dans une dynamique de prévention et de consolidation de la paix à l’approche du double scrutin législatif et local que connaîtra le Gabon dans quelques jours.
L’ouverture de l’atelier a été marquée par les mots de Gilbert Nguema Endamne, Directeur général de l’Ens, qui a souligné la portée philosophique et civique de cette rencontre : « En initiant cet atelier de sensibilisation contre les discours de haine en période électorale, vous comprenez l’intérêt de cette thématique qui doit nous amener à réfléchir sur les modalités de préservation de la paix, de la quiétude et de la fraternité entre les citoyens gabonais engagés dans cette élection politique. »
Son intervention a posé les bases d’un dialogue constructif, appelant à une responsabilité collective dans la gestion des tensions électorales.

Dr. Fred Paulin Abessolo Mewono, Secrétaire de la commission nationale gabonaise pour l’Unesco, a insisté sur le rôle crucial des jeunes candidats dans la construction d’un climat électoral sain : « L’objectif ici est simple et essentiel : vous renforcer, vous les jeunes candidats aux élections législatives et locales, dans vos capacités à communiquer de manière responsable et éthique. Alors que le Gabon se prépare pour des élections, la commission gabonaise de l’Unesco souhaite apporter son soutien et son expertise afin que cette campagne se déroule dans un climat de paix et de respect mutuel. »
Ce message met en lumière l’engagement de l’Unesco à accompagner les processus démocratiques en favorisant une culture du dialogue et du respect.
M. Nzamba, chargé d’affaires au bureau de l’Unesco, a rappelé les dangers que représentent les discours de haine, qu’ils soient diffusés en ligne ou dans les espaces publics :
« Le discours de haine constitue une menace directe à la paix, à la cohésion sociale et aux droits fondamentaux. En période électorale, cette menace devient plus aiguë, car elle peut exacerber les tensions, fragiliser les institutions, compromettre la confiance citoyenne et ruiner le vivre-ensemble. L’Unesco, en tant qu’agence spécialisée des Nations Unies pour l’éducation, la science, la culture et la communication, réaffirme son engagement à promouvoir la liberté d’expression tout en luttant contre les abus qui peuvent en découler. »
Une déclaration
qui souligne l’équilibre délicat entre liberté d’expression et responsabilité citoyenne, un enjeu majeur dans les sociétés démocratiques.
Enfin, André Andjo, expert en communication politique, a mis en garde contre les risques juridiques liés à une communication irresponsable : « Le code électoral met en garde ceux qui tiennent des discours dangereux. Communiquer en politique, c’est s’exposer. Communiquer au Gabon, c’est aussi intégrer qu’il existe un cadre juridique qui régule. Ne pas être prudent sur cet aspect, c’est embrasser les problèmes si vous êtes pris. »
Son intervention rappelle que la parole publique, surtout en période électorale, doit s’inscrire dans le respect des lois et des principes démocratiques.
Au-delà des discours, cet atelier a permis de créer un espace de réflexion, de formation et de responsabilisation. Il a réuni des acteurs politiques, des communicants, des représentants institutionnels et des jeunes leaders autour d’un objectif commun : faire des élections un moment de cohésion et non de division.
L’Unesco, en tant qu’initiatrice et catalyseur de cette démarche, réaffirme son rôle de gardienne des valeurs universelles, en plaçant l’éducation, la culture et la communication au cœur de la lutte contre les discours de haine.


























