Port-Gentil — À la suite du cambriolage survenu dans la nuit du 20 au 21 mars 2026 au Tribunal de première instance de Port-Gentil, les autorités gabonaises ont enclenché une réaction rapide face à ce qui apparaît comme une atteinte grave à l’intégrité des institutions judiciaires.
Le ministre de la Justice, Garde des cseaux chargé des Droits humains, Augustin Émane, s’est rendu sur place le 23 mars afin d’évaluer l’ampleur des faits et d’ordonner des mesures immédiates. Accueilli par les autorités locales, dont le maire Pascal Houagni Ambouroué et le préfet Marie Caroline Kamara, le membre du gouvernement a conduit une série de visites au sein des principales juridictions de la capitale économique.
L’inspection du palais de justice, point central de l’incident donc au tribunal de Port-Gentil, a révélé d’importantes failles dans le dispositif de sécurité. L’absence de contrôle d’accès structuré et le recours à une sécurité privée dépourvue de prérogatives régaliennes ont favorisé l’intrusion.
Selon les premiers éléments de l’enquête judiciaire, les assaillants auraient pénétré les lieux par effraction après avoir provoqué une coupure d’électricité, neutralisant ainsi les systèmes de vidéosurveillance. Leur cible principale : le bureau des scellés, d’où plusieurs objets placés sous main de justice auraient été dérobés. Un mode opératoire qui laisse entrevoir une action préméditée.
Cet événement, qui fait écho à d’autres incidents récents enregistrés dans des juridictions du pays, met en lumière la vulnérabilité persistante des infrastructures judiciaires. Il relance le débat sur la sécurisation des palais de justice, garants de l’ordre public judiciaire.
Face à l’urgence, le Garde des Sceaux a ordonné le déploiement immédiat d’agents de la sécurité pénitentiaire pour assurer une protection permanente des lieux. Une mesure qui marque un retour affirmé à une sécurisation assurée par des forces relevant directement de l’État.
Au-delà de la réponse immédiate, cette mission a également permis de recueillir les préoccupations des responsables judiciaires, notamment en matière de conditions de travail et de moyens logistiques. Le ministre a invité à une formalisation des besoins afin d’envisager une prise en compte progressive dans la planification budgétaire.
Cet épisode rappelle avec force que la justice, pour être crédible, doit d’abord être protégée dans ses fondements matériels. Car toute atteinte à ses sanctuaires fragilise l’autorité de l’État lui-même.
Comme le dit un proverbe de Lambaréné : « Quand la case du juge brûle, c’est tout le village qui perd son abri. »

























