Tribune libre, 24 mars 2026, Steeve Yondzi, président du Cercle de réflexion Afrique Dignité. – Chaque lundi matin, les drapeaux se lèvent, les voix s’élèvent, et La Concorde résonne dans les cours administratives. « Unité, concorde, éveil »… Trois mots sacrés, trois piliers d’une nation libre. Mais au Gabon, ces mots ne sont que des échos creux. Ils flottent dans l’air, sans jamais s’ancrer dans les cœurs. Le peuple, lui, reste englué dans les filets du néocolonialisme, prisonnier d’une domination subtile mais implacable.
Une indépendance confisquée
Le colonisateur n’a pas seulement pillé nos ressources, il a fracturé nos âmes. En 1958, René Paul Sousatte et ses compagnons portaient l’étendard de la souveraineté. Mais Léon Mba et Jean-Hilaire Obame, endocolons dociles, appelèrent à voter « oui » au référendum, enterrant l’espoir d’une véritable libération. La Constitution présidentialiste de 1961, imposée contre la volonté populaire, fut le coup de grâce. Paul Gondjout en paya le prix, jeté dans le goulag gabonais pour avoir osé défendre la voix du peuple.
Leçons de l’histoire mondiale
Le colon continue son combat d’arrière-garde, utilisant nos divisions comme armes. Pourtant, l’histoire nous enseigne que l’unité est la clé. En 1937, face à l’invasion japonaise, Tchang Kaï-chek et Mao, ennemis jurés, mirent leurs querelles de côté pour défendre la Chine. Pourquoi le Gabon ne pourrait-il pas, lui aussi, transcender ses clivages artificiels pour bâtir une résistance commune ?
L’urgence de l’éveil
Aujourd’hui, pouvoir et opposition ne sont que des marionnettes, manipulées pour perpétuer l’asservissement. Le peuple gabonais doit comprendre que l’unité n’est pas un slogan, la concorde n’est pas une chanson, et l’éveil n’est pas une posture. Ce sont des armes. Des armes contre le pillage, contre la division, contre la résignation.
Éveille-toi Gabon ! Car tant que nous chanterons sans agir, tant que nous lèverons les couleurs sans lever nos consciences, nous resterons esclaves d’un système qui nous dévore. L’histoire nous appelle, l’hymne nous rappelle, mais seul le peuple peut répondre.

























