Dans la solennité d’un soir empreint d’histoire, le général Brice Clotaire Oligui Nguema s’est exprimé depuis le quartier Okala, au nord de Libreville, où bat le cœur de sa campagne. Sa voix, empreinte de gravité et de détermination, a porté un message clair : « Nous devons désormais tourner la page de l’élection présidentielle. Demain est une journée ouvrée et nous devons retourner au travail pour bâtir le Gabon. » Ces mots résonnent comme un appel à l’unité, une exhortation au sursaut collectif.
Déclaré vainqueur à une majorité écrasante de 90,35 % par le ministre de l’Intérieur Hermann Immongault s’inscrit dans une dynamique de rassemblement et de reconstruction. Loin de la célébration personnelle, la première adresse du champion Oligui Nguema est une ode au devoir : celui de servir la Nation via le travail. Il rend implicitement hommage à la patience du peuple gabonais, à sa maturité démocratique, et au sacrifice de tous ceux qui, dans l’ombre, ont rendu possible ce moment d’accalmie républicaine.
À ses côtés, les autres candidats se voient relégués à des scores symboliques : Alain Claude Bilie-By-Nzé (3,02 %), Joseph Lapensée Essingone (0,56 %), Stéphane Iloko Boussengui (0,33 %), Zénaba Chaning Gninga (0,38 %), Alain Simplice Boungoueres (0,32 %), Axel Stophène Ibinga Ibinga (0,13 %) et Thierry Yvon Michel Ngoma (0,09 %). Le taux de participation de 70,04 %, en nette hausse par rapport à 2023, traduit un regain d’intérêt citoyen pour la vie politique.

La proclamation rapide, en moins de vingt-quatre heures, et sans incident majeur, marque un tournant inédit dans les pratiques électorales du pays. Pour la première fois, la République gabonaise a démontré que l’expression populaire peut s’exercer dans le calme et la dignité. Les missions d’observation, tant nationales qu’internationales, ont salué un scrutin « transparent et satisfaisant », malgré la faible représentativité de certains candidats.
Cependant, ces résultats restent provisoires. La Cour constitutionnelle de la transition, seule détentrice du sceau de légitimité, devra trancher en dernier ressort, le cas échéant. En attendant, l’heure n’est pas à l’euphorie, mais au travail selon le vainqueur Oligui Nguema. L’ouvrage national attend ses bâtisseurs. Le Gabon, par la voix de son nouveau leader, semble prêt à écrire une page nouvelle, au stylo du travail et sur le parchemin de l’espérance.


























