Le Prophète Max-Alexandre NGOUA, Sociologue des religions, Chevalier dans l’Ordre National du Mérite Gabonais a été auditionné par les honorables députés. Lors de son audition du 21 avril 2021 relative aux projets de loi portant modification de certaines dispositions des Code civil et pénal de la République Gabonaise, il a interpellé les représentants du peuple et a fait des propositions du meilleur vivre ensemble en familial.
Il a tenu à rappeler le paragraphe 14 du titre préliminaire de notre Constitution. Il dispose que «La famille est la cellule de base naturelle de la société, le mariage, union entre deux personnes de sexe différent, en est le support légitime. Ils sont placés sous la protection particulière de l’Etat ».
L’homme d’église qu’il est a interpelé les représentants du peuple sur les répercussions à long terme de l’égalité de genres sur la question de la famille au sens de la Constitution qui ne sont pas faciles à entrevoir.
Le genre renvoie exclusivement à l’hétéronormativité, c’est-à-dire aux hétérosexuels qui est considéré comme seule orientation valide ou mode de vie conjugal légitime en République Gabonaise d’après le paragraphe susmentionné.
Cela exclut donc toute autre considération ou éventuelle considération fondée sur la notion de genre car si jadis le genre se définissait en masculin et féminin, aujourd’hui la transgression occidentale définit le genre en termes de transgenre, bisexuel, gay, lesbienne, cisgenre, asexualité etc.
Partant de ce postulat, le législateur ne se doit pas d’user de subterfuge définitionnel du genre.
L’homme de Dieu dans son argumentaire a indiqué que la dynamique culturelle et traditionnelle dit que le Père est le chef de famille, le protecteur de la famille, du clan. Même si le fait anthropologique nous révèle que nos sociétés sont matriarcales de fait. Chez nous, la conception d’un primus inter pares, ou d’un premier responsable demeure.

Par ailleurs, il a tenu à indiquer que sur un plan structuro-fonctionnaliste ou sociologique il est important d’illustrer par deux cas de figure. Ils révèlent ainsi des incohérences et même du désordre susceptibles d’être engendrés par cette égalité de gendre déconnectée de la sociologie africaine et gabonaise. D’abord, celui d’un mariage polygamique, seul l’homme a le droit d’épouser plusieurs femmes, rien qu’à partir de là nous constatons déjà une inégalité qui est justifiée, par la morale, la coutume, la religion car la constitution gabonaise ne connaît pas la polyandrie (une femme qui épouse plusieurs hommes).
Ensuite, pour que l’ordre puisse régner dans un foyer polygamique, il est impossible que tous les conjoints soient sur un même piédestal, car au regard de toutes les difficultés qui prévalent dans ce type de foyer, il est nécessaire qu’un premier, le Père dicte la conduite à tenir en consultant bien évidemment les conjointes, avant que celles-ci prennent le relais pour assurer harmonieusement la tranquillité, la paix et la sauvegarde du ménage.
Pour renchérir son argumentaire, il a évoqué la dynamique judéo-chrétienne ou religieuse car cette égalité de genre peut conduire davantage à des attitudes irresponsables réciproques, qui pourraient bouleverser ce schéma familial de notre société auquel nous sommes fortement attaché et duquel les Gabonais et Gabonaises ne s’en plaignent d’ailleurs pas. C’est pourquoi il a soutenu son propos par la Bible dans Juges 17:6 : « En ce temps-là, il n’y avait point de roi en Israël. Chacun faisait ce qui lui semblait bon, ceci entraînant un désordre ».
Or, le retrait de la notion de chef de famille dans le projet de loi (Article 252) est dangereux. « Ainsi, comme on le dit trivialement, il ne peut avoir plusieurs capitaines dans un même bateau », a-t-il rappelé.
« Je veux cependant que vous sachiez que le chef de tout homme c’est le Christ, que le chef de la femme, c’est l’homme, et que le chef du Christ, c’est Dieu », a-t-il cité 1 Corinthiens 11:3
Pour être cohérent dans son argumentaire, l’homme de Dieu a fait quelques propositions. Il suggère de réécriture les articles 114 et 254 « Le domicile conjugal est choisi par le mari avec l’accord de la femme. En cas de désaccord et après avoir attesté de l’échec d’une solution amiable préalable, le domicile conjugal est fixé, le cas échéant, par le tribunal en tenant compte de l’intérêt de la famille », a suggéré Max Alexandre Ngoua.
Cette écriture aura le mérite de sauvegarder nos us et coutumes gabonaises, qui pour certaines sont aussi fondées sur des règles religieuses et donc nobles.
Concernant le choix du logement des époux, il a proposé que les articles 114 et 254 soient « Le domicile conjugal est choisi par le mari avec l’accord de la femme. En cas de désaccord et après avoir attesté de l’échec d’une solution amiable au préalable malgré la médiation parentale, le domicile conjugal est fixé, le cas échéant, par le tribunal en tenant compte de l’intérêt de la famille », a déclaré le Prophète.
Il a enfin tenu à rappeler que « le patronyme lors de la célébration du mariage, dans ce cas de figure l’égalité ne s’oppose pas à ce que la femme porte le nom de son mari. Et ce, même en France, pays dans lequel cette égalité est revendiquée plus fortement, les femmes portent toujours au besoin le nom de leurs maris », a-t-il souligné.


























