Ce mardi 13 janvier 2026, le ministre des travaux publics et de la construction, Edgard Moukoumbi, a reçu en audience son excellence Velagaleti Samuel David L. Surendra, haut-commissaire de la République d’Inde en République Gabonaise, venu lui présenter ses civilités. Une rencontre à la fois protocolaire dans la forme, mais résolument stratégique dans le fond. dans la diplomatie gabono-indienne.
Dans un premier temps, le diplomate indien a transmis au membre du gouvernement une invitation officielle à prendre part au repas de commémoration du Jour de la République indienne (Republic Day), célébré chaque 26 janvier. Ce geste, hautement symbolique, témoigne de la solidité des relations bilatérales entre Libreville et New Delhi, fondées sur une coopération ancienne, respectueuse et orientée vers des intérêts mutuellement bénéfiques.
Mais l’audience ne s’est pas limitée aux usages de la courtoisie diplomatique. Elle a rapidement abordé des questions opérationnelles majeures, révélatrices d’un partenariat qui entend produire des résultats tangibles. Le haut-commissaire a ainsi attiré l’attention du ministre sur la situation de l’entreprise indienne AFCONS, engagée sur le chantier stratégique de la transgabonaise, et confrontée à un différend avec la Société autoroutière du Gabon (SAG).
Par cette démarche, la représentation indienne a réaffirmé son rôle de facilitateur et de garant du bon déroulement des projets impliquant ses opérateurs économiques, dans le respect des accords conclus et des engagements pris de part et d’autre.
Cette séquence met en lumière une réalité souvent sous-estimée : les grands projets d’infrastructures ne se jouent pas uniquement sur les chantiers, mais aussi dans la qualité du dialogue institutionnel. La Transgabonaise, infrastructure structurante par excellence, cristallise des enjeux économiques, logistiques et symboliques majeurs pour le Gabon. Sa réalisation exige clarté contractuelle, responsabilité partagée et volonté politique de dépasser les blocages techniques ou administratifs.
Enfin, au-delà des urgences conjoncturelles, les échanges ont permis de réaffirmer un axe fondamental du partenariat gabono-indien : la formation. Les deux parties ont insisté sur la nécessité de bâtir une expertise nationale solide, capable non seulement de participer à la construction des infrastructures, mais surtout d’en assurer la maintenance, l’évolution et la transmission des savoir-faire. Cette vision stratégique inscrit la coopération gabono-indienne dans le temps long, celui de l’autonomisation progressive des compétences locales et de la souveraineté technique.
En définitive, cette audience illustre une diplomatie utile, tournée vers l’action, où les relations internationales cessent d’être un simple exercice de représentation pour devenir un levier structurant du développement national. Car bâtir des routes sans bâtir des compétences, c’est préparer des dépendances futures ; bâtir les deux ensemble, c’est préparer un État durable.
Comme on le dit à Lambaréné : « La pirogue avance vite quand chacun rame dans le même sens, mais elle chavire quand chacun veut montrer sa force. »


























