Le 19 novembre 2025, Albert Ondo Ossa a fait son grand retour sur la scène politique gabonaise avec un discours marquant, diffusé sur YouTube. Dans cette allocution de 38 minutes, l’ancien candidat consensuel de l’opposition a livré un réquisitoire sans concession contre les autorités de transition, qu’il accuse de mener le pays « comme un bateau ivre sans gouvernail ». Son intervention, à la fois analytique et politique, a relancé le débat sur la gouvernance au Gabon, en soulignant l’urgence d’un changement.
Dès le début de son discours, Ondo Ossa a dénoncé une illusion de transition, qualifiant le régime actuel de prolongement du système Bongo-PDG. Il a décrit un paysage politique dévasté, où la justice est instrumentalisée et où les libertés fondamentales sont bafouées. En évoquant le cas de Sylvia et Noureddin Bongo, il a mis en lumière une justice à deux vitesses, où les véritables responsables d’un système de corruption restent intouchables. « On livre à la vindicte populaire ceux qui sont déjà tombés, tandis que les vrais coupables échappent à la justice », a-t-il déclaré, dénonçant ainsi l’hypocrisie du régime.
Sur le plan économique, Ondo Ossa a critiqué le projet de budget 2026, le qualifiant de « fantaisiste ». Il a mis en avant des prévisions irréalistes, notamment un taux de croissance jugé farfelu par rapport aux estimations du FMI et de la Banque mondiale. Son analyse a mis en lumière les dangers d’un cadrage budgétaire mal ficelé, soulignant que la dette publique frôle les 82 % du PIB, ce qui, selon lui, entraîne un appauvrissement accéléré des ménages.
La dimension sociale de son discours était tout aussi alarmante. Ondo Ossa a décrit un pays en crise, avec un taux de chômage atteignant 50 % chez les jeunes, des hôpitaux en difficulté, et des retraités laissés pour compte. Il a dépeint un tableau désolant où la pauvreté toucherait 37,8 % de la population, selon la Banque mondiale. Son constat est sans appel : « Un pouvoir égoïste et vorace plonge le pays dans la misère. »
Ondo Ossa a appelé à une rupture radicale avec le régime actuel. « Le départ du putschiste en chef et de sa clique de mafieux est la seule voie possible », a-t-il affirmé, avertissant des conséquences d’éventuels complots contre sa famille. Son propos, à la fois incitatif et menaçant, marque une étape décisive dans le paysage politique gabonais, annonçant un possible basculement institutionnel.
Ce discours, loin d’être une simple analyse, se positionne comme un acte politique fort pour lui, mobilisant les Gabonais autour d’un appel à l’action et à la résistance. Alors que le pays selon lui traverse une période critique, les mots d’Ondo Ossa résonnent comme un cri de ralliement pour une génération désireuse de changement.
Par Yann Yorick Manfoumbi Manfoumbi


























