La commune d’Akanda, vitrine résidentielle du Grand Libreville, offre au visiteur l’image séduisante de villas modernes et de quartiers huppés. Mais derrière cette façade, la réalité quotidienne des habitants révèle un tout autre visage : celui d’une urbanisation inachevée et de voiries en état de délabrement avancé.
L’axe Carrefour PC–Stade de l’Amitié illustre parfaitement ce paradoxe. Lancés il y a quelques mois, les travaux avaient suscité un immense espoir. Les riverains y voyaient enfin la concrétisation des promesses de modernisation portées par les autorités après le coup d’État du 30 août 2023. Pourtant, le chantier est aujourd’hui à l’arrêt, abandonné sans explication claire.
« Je ne sais même pas s’ils vont reprendre, je ne sais quoi vous dire », confie Riche, habitant du secteur, désabusé.
Cette suspension interroge : où est passée la rigueur affichée dans les premières heures du changement politique ? Où sont les directives censées contraindre les entreprises à livrer des infrastructures essentielles au bien-être des populations ? L’absence de réponses nourrit un sentiment de frustration et d’injustice.
En saison des pluies, les routes se transforment en véritables lits de rivière, accentuant les difficultés de mobilité et fragilisant la vie économique locale.
« Nous étions très contents de la reprise des travaux, mais nous avons l’impression que les mêmes problèmes persistent et rien n’a changé », déplore un autre riverain.
Au-delà des belles façades, Akanda souffre d’un déficit criant en infrastructures de base. Les habitants réclament moins de promesses et davantage d’actions concrètes. Car chaque chantier abandonné creuse un peu plus le fossé entre une classe dirigeante qui parle de modernisation et une population qui attend, toujours, des routes praticables.
Akanda illustre le paradoxe d’un développement vitrine : des villas pour l’image, mais des routes oubliées pour la réalité.


























