L’annonce de la mise en place d’une taxe forfaitaire d’habitation (TFH) dès 2026 a provoqué une onde de choc parmi les ménages. Déjà confrontés à plusieurs prélèvements, 5 % sur les services téléphoniques, 500 F CFA par litre de produits chimiques et lubrifiants, 9 % sur les factures d’électricité, les citoyens voient s’ajouter une nouvelle charge qui alourdit leur quotidien.
Le ministère de l’Économie et des Finances présente cette réforme comme une étape vers une fiscalité locale plus transparente et équitable.
La taxe sera calculée selon une classification géographique du territoire, avec un forfait unique par zone.
L’objectif affiché est de renforcer les recettes publiques, financer les projets prioritaires et soutenir les collectivités locales.
Selon l’exécutif, les anciennes méthodes de calcul étaient « obsolètes, opaques et inadaptées », entraînant des inégalités entre contribuables et des recettes insuffisantes pour les infrastructures de base.
Si la réforme de la taxe forfaitaire d’habitation promet une meilleure redistribution des ressources, son impact direct sur le budget des familles reste préoccupant.
Dans des villes comme Akanda, Libreville, Moanda ou Oyem, les habitants redoutent une hausse du coût de la vie.
Même dans sa phase expérimentale, la taxe forfaitaire d’habitation oblige déjà certains ménages à revoir leurs priorités financières.
« Ce prélèvement, même minime en apparence, devient lourd pour ceux qui peinent déjà à joindre les deux bouts », témoigne une mère de famille rencontrée au marché de Mont-Bouët.
De nombreux citoyens dénoncent une mesure qui frappe encore une fois le citoyen ordinaire, alors que la dette publique qu’elle vise à compenser n’a pas profité à la majorité.
Certains estiment que ces fonds ont surtout enrichi des individus ou des cercles restreints.
Des propositions alternatives circulent :
Faire contribuer davantage les multinationales présentes au Gabon ;
Réduire les dépenses administratives jugées excessives ;
Prélever sur les hauts revenus des autorités plutôt que sur les salaires modestes.
Pour beaucoup, l’État devrait explorer ces pistes avant d’imposer une taxe supplémentaire aux ménages déjà fragilisés.
La TFH est présentée comme une avancée vers une fiscalité locale modernisée. Mais son acceptation dépendra de la capacité du gouvernement à prouver que les recettes générées se traduiront par des améliorations tangibles du quotidien. Sans résultats visibles, cette taxe risque d’être perçue comme une nouvelle injustice sociale surtout quand on sait que les salaires n’augmentent presque jamais.


























