Le gouvernement gabonais a officialisé, lors du Conseil des ministres du 4 décembre, la création de la Taxe forfaitaire d’habitation (TFH). Cette réforme fiscale, qui entrera en vigueur en 2026, sera prélevée directement via les factures d’électricité de la SEEG et en fonction des quartiers. L’objectif affiché est d’élargir l’assiette fiscale, sécuriser les recettes et simplifier la collecte.
La Direction générale des impôts (DGI) a publié la grille des montants applicables. Les ménages du Grand Libreville devront s’acquitter d’une taxe mensuelle comprise entre 1 000 et 30 000 F CFA, selon la zone d’habitation.
Zone 1 – 30 000 F CFA par mois : quartiers centraux et à forte densité économique ou administrative. Sont concernés : Batterie IV, Sablière, Tahiti, Hauts de Gué-Gué, Aéroport, Centre-ville et Port Môle.
Zone 2 – 20 000 F CFA par mois : périphéries immédiates et zones résidentielles cadastrées. Quartiers cités : Bas de Gué-Gué, Gros Bouquet, Angondjé, Amissa, Cité Damas, Toulon, Oloumi, Glass, London, Batavéa, Sainte-Marie et la zone industrielle d’Oloumi.
Zone 3 – 10 000 F CFA par mois : secteurs en cours d’aménagement ou faiblement desservis. Exemples : Charbonnages, Louis, Alibandeng, Okala, Awoungou, Lalala, Awendjé, Trois Quartiers, Ambowé, SNI-Owendo, Avorbam, Pont Nomba, Razel, Likouala-Moussaka, Acaé et Setrag.
Zone 4 – 1 000 F CFA par mois : zones non aménagées et rurales. La liste est longue et inclut notamment : Mindoubé, Nzeng-Ayong, PK (5-12), Sibang Nkol Ogoum, Sibang Arboretum, Bassin du PK5, Terre Nouvelle, Bisségué, Bizango, PK (15-Okolassi), Ondogo, Montalier, Akournam 2, Angondjé Village, Bel-Air, Diba Diba, Plein-Ciel, Adzébé Sibang, Akébé Plaine, Atsib-nsos, Ancienne Sobraga, SEEG Jean Violas, Nomba, Akournam 1, Lycée Technique, Alénakiri, Derrière l’Hôpital, Peyrie, Venez-Voir, Petit-Paris, Mont-Bouët, Sorbonne, STFO, Cosmoparc, Avéa, Nkembo, Campagne, Cité de la Caisse, Sotéga, Plaine-Oréty, Cité Mebiome, Belle Vue, Ozoungue, Lac Bleu, IAI, Smag, Derrière le Palais de Justice, Derrière la Prison, Mikolongô, Akébé Frontière, Baraka, Petit Village, Owendo Port, Nombakélé, Vallée Sainte Marie, Plaine-Niger, Bikélé, Barracuda, Cap Caravane, Baraka Mission, Kalikak, Cap Eshérias, Cap Santa Clara, Ntoum, Village Kotas, Igoumié, Malibé, Bambouchine, Bolokoboué, CICIBA et Camp de Boy.
La DGI rappelle que tout quartier non mentionné pour la nouvelle taxe d’habitation est automatiquement classé en Zone 4.
Entreprises et hinterland également concernés
La réforme prévoit un barème spécifique pour les entreprises :
Dans l’Estuaire, les sociétés industrielles et commerciales devront payer 50 000 F CFA par mois.
Dans les chefs-lieux de province hors Estuaire, le tarif est fixé à 20 000 F CFA pour les grandes entreprises et 3 000 F CFA pour les PME et petits commerces.
Dans les chefs-lieux de département, les entreprises s’acquitteront de 5 000 F CFA, tandis que les habitations seront taxées à 500 F CFA.
Pour les ménages en dehors du Grand Libreville, la TFH est fixée à 3 000 F CFA par mois dans les centres-villes des chefs-lieux de province et à 1 000 F CFA hors centre-ville.
Pour les responsables de la Direction générale des Impôts, il s’agit également d’un appel au patriotisme, dans la mesure où l’État gabonais, à l’instar de nombreux autres à travers le monde, ne vit que de ses ressources propres, notamment des taxes et des impôts prélevés. Cette contribution citoyenne participe incontestablement à l’affirmation de la souveraineté nationale, en limitant le recours excessif à l’endettement et en préservant le pays de toute dépendance vis-à-vis de ses bailleurs.
Selon le ministre de l’Économie Henri Claude Oyima, la TFH devrait rapporter 2,8 milliards F CFA à l’État. Mais la mesure soulève déjà des critiques : équité du zonage, transparence des délimitations et impact sur le pouvoir d’achat. Dans un contexte de crise du logement et de fragilité économique, cette taxe pourrait nourrir contestations et débats dans les mois à venir.


























