Le projet de motos-taxis lancé en avril dernier à Mouila devait incarner une réponse innovante au chômage des jeunes. Pourtant, plus de huit mois plus tard, les engins restent immobilisés dans le gymnase Omar Bongo, privant la jeunesse sportive de son principal espace d’entraînement. Ce paradoxe met en lumière une problématique plus profonde : l’absence de préparation et de vision claire dans la mise en œuvre des projets publics autour des motos-taxis.
Tout projet, surtout lorsqu’il engage des fonds publics et des attentes sociales fortes, doit être pensé dans ses tenants et aboutissants. À Mouila, plusieurs zones d’ombre persistent : qui gère ces motos-taxis, pourquoi aucune n’a pris la route, et pourquoi avoir choisi un gymnase comme lieu de stockage ? Ces incohérences révèlent un déficit de planification et de concertation concernant les motos-taxis.
Un projet d’insertion professionnelle ne peut réussir sans une stratégie claire : identification des bénéficiaires, formation, financement durable, suivi et évaluation. Faute de ces étapes, l’initiative se transforme en symbole d’immobilisme, voire en obstacle à d’autres dynamiques locales, comme le sport.
L’État, garant de la cohérence des politiques publiques, se doit de préparer ses projets avec rigueur. Lancer une initiative sans anticiper ses impacts collatéraux revient à fragiliser la confiance des citoyens et à compromettre l’efficacité des mesures. À Mouila, la jeunesse se retrouve doublement pénalisée : privée d’opportunités économiques et amputée de son espace sportif.
L’affaire des motos-taxis de Mouila illustre une vérité simple : un projet mal préparé devient un problème supplémentaire au lieu d’être une solution. Pour éviter de reproduire ce type de situation, les autorités doivent privilégier la planification, la transparence et l’implication des acteurs concernés.
L’échec actuel n’est pas seulement celui d’un dispositif d’auto-emploi, mais celui d’une gouvernance qui n’a pas su anticiper. Et c’est précisément là que réside l’urgence : replacer la préparation au cœur de l’action publique, afin que chaque projet soit une réponse durable, et non une promesse inachevée.










































