La Compagnie Nationale de Navigation Intérieure et Internationale (CNNII) sort du silence. Dans un communiqué officiel, son directeur général, Alexis Mpiga , a tenu à répondre aux interrogations relatives à l’affrètement du navire ELOBEY VI. L’objectif affiché est clair : rétablir les faits et « apporter les éclaircissements nécessaires dans un souci de transparence ».
Contrairement aux rumeurs évoquant un achat coûteux, le responsable précise que « la CNNII n’a procédé à aucun achat ». Il insiste sur le choix stratégique opéré par l’entreprise publique : « Nous avons opté pour un affrètement, une location opérationnelle, solution responsable qui permet de renforcer notre capacité de transport de fret sans mobiliser de capitaux publics pour un investissement patrimonial. » Une formule qui, selon lui, protège les finances publiques tout en garantissant la continuité du service.
Le navire ELOBEY VI est présenté comme un LCT de près de 1000 tonnes, exclusivement dédié au transport de marchandises sur l’axe Libreville–Port-Gentil. Face aux critiques sur son ancienneté, construit en 1975 et reconstruit en 1985, le directeur général rappelle que « dans l’industrie maritime internationale, la durée de vie d’un navire dépend de son entretien, non de son âge administratif ». Il détaille les caractéristiques techniques : moteurs CATERPILLAR neufs (2×1410 BHP), dernier carénage effectué en octobre 2025, équipements de navigation modernes (AIS, GPS, radars, sondeurs), système anti-incendie opérationnel et certifications DNV (Bureau Veritas).
Surtout, souligne-t-il, le bâtiment a subi « une inspection rigoureuse par la Direction Générale de la Marine Marchande (DGMM) ». Le rapport du 15 novembre 2025 atteste de sa conformité et de son aptitude à naviguer en toute sécurité sur la ligne principale. « Mettre en doute la fiabilité de ce navire, c’est indirectement remettre en cause le travail des services techniques gabonais chargés du contrôle maritime », affirme-t-il, rappelant que « la DGMM n’autorise aucun navire présentant un risque à opérer dans nos eaux ».
Au-delà des aspects techniques, Alexis Mpiga Ale replace cette décision dans la mission sociale de l’entreprise. « Notre mission première à la CNNII reste la lutte contre la vie chère par des tarifs adaptés aux ménages », déclare-t-il. L’affrètement de l’ELOBEY VI doit ainsi « assurer la continuité de l’approvisionnement dans des délais maîtrisés », notamment entre Libreville et Port-Gentil.
Le directeur général rejette par ailleurs toute comparaison avec le navire Esther Miracle, impliqué dans un drame maritime encore présent dans les mémoires. « Toute comparaison entre ELOBEY VI et Esther Miracle est inappropriée », insiste-t-il, précisant que le nouveau navire est exclusivement destiné au fret et « n’a ni vocation ni autorisation pour le transport de passagers ». Assimiler les deux situations relèverait, selon lui, « d’un amalgame qui ne correspond ni aux réalités techniques ni au cadre réglementaire actuel ».
En conclusion, Alexis Mpiga Ale martèle que « ce qui garantit la sécurité d’un navire, ce n’est pas sa date de construction, mais son état réel, la qualité de son entretien et la rigueur des contrôles ». Avant de lancer un message offensif : « CNNII IS BACK !!! ».


























