Au troisième trimestre 2025, la production de grumes a connu un bond spectaculaire de 25,2 %, marquant un tournant décisif pour l’économie nationale. Selon les chiffres publiés par la Direction générale de l’Économie et de la Planification des Finances (DGEPF), cette performance s’explique par une conjonction d’éléments favorables :
- Accessibilité accrue – L’amélioration substantielle de l’état des routes forestières a permis une évacuation plus fluide des produits vers les centres de transformation et les ports.
- Dynamisme extérieur – La demande internationale s’est relancée après plusieurs mois de ralentissement, poussant les exploitants à augmenter leurs cadences de production.
Cette reprise intervient après un premier semestre 2025 difficile, marqué par des reculs de 4,9 % au premier trimestre et de 4,4 % au deuxième trimestre. Sur les neuf premiers mois de l’année, le bilan global reste en retrait de 6,6 % par rapport à 2024, soulignant l’ampleur des défis structurels que le secteur a dû surmonter.
La forêt gabonaise avec ses grumes constitue un pilier majeur de l’économie rurale et un acteur clé du commerce international du bois. Un accroissement de 25 % en un seul trimestre dépasse largement la moyenne annuelle attendue (≈ 8–10 %). Cela témoigne d’une amélioration tangible des conditions d’exploitation et d’une réponse rapide aux fluctuations du marché mondial.
Pour transformer ce sursaut trimestriel en une croissance durable en 2026, le Gabon doit :
- Optimiser les chaînes logistiques : moderniser les infrastructures d’évacuation (routes, ponts) et renforcer la coordination entre les acteurs publics et privés afin d’éviter les goulets d’étranglement qui ont freiné la production en 2025.
- Renforcer la gestion forestière responsable : mettre en place des mécanismes de suivi plus stricts pour garantir que l’augmentation de la production n’entraîne pas une déforestation incontrôlée.
- Valoriser la qualité : accroître le nombre d’exploitants certifiés FSC à 100 %, ce qui ouvre des marchés à haute valeur ajoutée et renforce la compétitivité du bois gabonais sur la scène internationale.
Le Gabon est désormais positionné pour consolider sa place parmi les principaux fournisseurs mondiaux de bois durable. Les prévisions indiquent qu’une fois les investissements logistiques complétés et les certifications élargies, le secteur pourrait atteindre une croissance annuelle moyenne de 12–15 % dès 2026. Cette dynamique contribuerait non seulement à réduire le déficit budgétaire lié aux exportations, mais aussi à créer des emplois locaux dans les zones rurales.
Le bond record des grumes du troisième trimestre n’est pas un simple chiffre, mais un signal fort que le Gabon peut transformer ses ressources naturelles en moteur économique durable – à condition que les politiques publiques soutiennent cette transition avec rigueur et vision.


























