Le Conseil des ministres approuve le lancement des barrages hydroélectriques d’Irouba et d’Egoumbi. Ces deux ouvrages injecteront 54,5 MW supplémentaires dans le réseau Sud du pays. Dans un pays confronté depuis plusieurs années à des tensions récurrentes sur la distribution électrique, cette décision répond à une nécessité structurelle évidente. En outre, le recours à l’hydroélectricité s’inscrit dans une logique énergétique cohérente avec le potentiel hydraulique considérable dont dispose le territoire national.
Des bénéfices attendus sur la stabilité du réseau
Sur le papier, ces nouveaux ouvrages contribueront à réduire les déficits d’approvisionnement et à améliorer la stabilité du réseau électrique. Ils soutiendront également les besoins croissants liés à l’urbanisation, à l’industrialisation et aux activités économiques du Sud du pays. Par conséquent, les retombées potentielles dépassent le simple chiffre des mégawatts annoncés. Elles touchent directement la qualité de vie des populations, la compétitivité des entreprises et la dynamique de développement territorial de toute une région.
Une réserve silencieuse dans l’opinion publique
Cependant, la réception populaire de cette annonce sur les barrages hydroélectriques d’Irouba et d’Egoumbi semble désormais marquée par une forme de prudence presque mécanique. Par ailleurs, depuis plusieurs années, les populations entendent régulièrement parler de plans d’urgence et de réformes structurelles. De même, de nouveaux barrages et la modernisation des réseaux sont souvent annoncés. Pourtant, dans le quotidien de nombreux usagers, les délestages et les coupures prolongées demeurent encore très présents. En outre, les irrégularités de fourniture persistent dans plusieurs localités. Ce décalage entre annonces institutionnelles et expérience vécue explique la posture d’observation prudente que l’on perçoit chez de nombreux citoyens.
Produire plus ne suffit pas toujours
D’un point de vue objectif, la réussite de ces projets des barrages hydroélectriques d’Irouba et d’Egoumbi dépend de plusieurs paramètres. Par ailleurs, ces paramètres sont souvent plus décisifs que l’annonce elle-même. Ainsi, les délais réels d’exécution et la sécurisation des financements seront déterminants. De même, la qualité des infrastructures de transport et la maintenance des équipements joueront un rôle essentiel. En outre, la gouvernance globale du secteur énergétique conditionnera l’impact réel de ces investissements. Car produire davantage d’électricité ne suffit pas toujours : encore faut-il disposer d’un réseau capable d’acheminer efficacement cette production jusqu’aux consommateurs finaux.
Les citoyens jugent désormais sur les résultats concrets
Cette décision illustre une situation devenue fréquente dans les politiques publiques contemporaines. Les citoyens ne jugent plus les projets à leur annonce, mais à leur matérialisation concrète. Le scepticisme actuel ne traduit pas un rejet ; il révèle une attente de résultats tangibles avant toute adhésion enthousiaste. Comme le dit un proverbe de Lambaréné : « Le pêcheur fatigué n’applaudit plus quand on parle du fleuve ; il attend simplement de voir le poisson dans la pirogue. »























