Tel un navire lancé à l’assaut d’un océan de responsabilités, la Cour constitutionnelle gabonaise vient d’élire pour huit années entières un capitaine à la barre de sa magistrature suprême. Dieudonné Aba’a Owono, magistrat hors hiérarchie respecté, a été porté à la plus haute fonction de cette juridiction, unanime tel un chœur qui chante d’une seule voix. Ce Samedi 27 décembre 2025, au terme d’un scrutin dont l’unanimité ressemble à un serment silencieux, il a obtenu neuf voix sur neuf, reflétant l’unité des esprits autour de son nom et de sa stature. Neuf membres composent la Cour constitutionnelle, et chacun a levé la main pour sceller son destin commun.
Dans l’enceinte presque solennelle où se tiennent les décisions qui façonnent l’échiquier institutionnel, la prestation de serment des nouveaux membres est prévue ce lundi vingt-neuf décembre deux mille vingt-cinq à dix heures du matin, au palais de la Constitution, bastion du droit et de l’équilibre des pouvoirs. Comme l’aurore qui succède à la nuit, cette cérémonie symbolique marquera l’entrée en fonction officielle de ces gardiens des règles suprêmes.
Âgé de soixante ans, Dieudonné Aba’a Owono n’est pas un visage nouveau dans ce panorama. Depuis deux mille vingt-trois jusqu’à ce jour, il a présidé la Cour constitutionnelle de Transition, héritier d’un sillage marqué par la transition post-coup d’État d’août deux mille vingt-trois. Il succède à Marie Madeleine Mborantsuo, figure immuable de cette institution pendant les longues années du règne des Bongo, père et fils. Son départ, tel un vieux chêne qui cède la place à une nouvelle pousse, symbolise une page tournée dans l’histoire juridique du pays.
L’homme est décrit comme pondéré, doté de principes solides, et tel un phare dans l’obscurité institutionnelle, il a su garder le cap malgré les flots tumultueux de la politique. Sa proximité avec le chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguéma, a sans doute nourri les murmures et les spéculations, mais au final, son nom a pris racine dans le sol fertile de la confiance collective. Parmi d’autres noms évoqués dans l’opinion, comme le professeur Guy Rossatanga-Rignault ou le docteur Minang, ex-procureur général, aucun n’a été désigné. Le destin a fait son choix.
Les neuf juges constitutionnels nouvellement désignés forment un chapelet de personnalités au service de la loi : Joseph Owondault Berre, Aurélie Scholastique Essiwanguénda Rembonguinot, Dieudonné Aba’a Owono lui-même, Euloges Moussavou Bouassa Dékérinzambi, Afrikita Dolorès Agondjo, Solange Marthe Nguiakié, Valentin Lossangoye, Sosthène Lékogo et Mault Moussala Mounguéngui. Certains retrouvent leur place comme on revient à un port familier, comme Aba’a Owono et Afrikita Dolorès Agondjo, cette dernière étant la fille du juriste et ancien opposant historique Pierre Louis Agondjo Okawé.
Le mandat de ces gardiens de la Constitution s’étend sur huit ans, renouvelable aux deux tiers, mais nul ne peut chevaucher plus de deux mandats comme un cavalier tirant une seule flèche. La règle de nomination respecte un équilibre : trois par le Président de la République, deux par le Président de l’Assemblée nationale, deux par le Président du Sénat et deux par le Conseil supérieur de la magistrature.


























