Depuis la démission, le 14 novembre 2025, du premier gouvernement post-Transition, dont le vice-président était Alexandre Barro Chambrier, conséquence directe de l’élection de plusieurs de ses membres aux législatives et locales, premières consultations de l’ère démocratique impulsée par le président Brice Clotaire Oligui Nguema, le Gabon vit une attente inédite. Jamais, dans l’histoire politique depuis l’avènement du multipartisme des années 90, une période intérimaire n’avait semblé aussi longue, aussi lourde de symboles, aussi chargée d’espérances contradictoires. Le pays entier retient son souffle, suspendu à une voix féminine devenue centrale : celle de Murielle Minkoue Mintsa, secrétaire générale de la Présidence de la République.
Tel un oracle consulté à l’aube des grands bouleversements, la gardienne du sceau présidentiel détient désormais le secret du futur immédiat. Son silence, loin d’être vide, résonne comme un tam-tam invisible. Il s’insinue dans les rues de Libreville, traverse les bureaux climatisés, s’invite dans les salons feutrés et trouve même écho dans les lieux de culte. Qui sera choisi comme vice-président du gouvernement ? Qui entrera, qui sortira, qui renaîtra politiquement ? Nul ne sait, mais chacun espère.
Selon les confidences glissées dans les couloirs du pouvoir, après la mise en place des bureaux des deux chambres du Parlement et de la Cour constitutionnelle, l’annonce du nouveau gouvernement pourrait intervenir ce dimanche 28 décembre 2025. Une date murmurée comme une promesse, répétée comme une incantation, attendue comme une délivrance.
L’attente est fébrile. Les cœurs battent à l’unisson. Certains auraient multiplié les veillées de prière, d’autres les rites initiatiques. Plus sombrement, des voix évoquent une recrudescence troublante de crimes rituels, signe des dérives d’une ambition prête à pactiser avec l’indicible. Car l’enjeu dépasse les portefeuilles ministériels. Le futur gouvernement sera le visage politique d’une transition appelée à se muer en ère démocratique assumée.
Dans ce théâtre d’ombres et de lumières, Murielle Minkoue Mintsa apparaît comme la maîtresse du temps présidentiel, l’aiguille qui décidera de l’heure nationale. Les prétendants avancent à pas feutrés, lisant des présages dans le moindre déplacement, interprétant chaque silence comme un signe.
Et pendant que la rumeur enfle, la parole officielle demeure muette, souveraine dans sa réserve. C’est peut-être là le poids véritable de la fonction : savoir attendre, faire attendre, tenir en haleine toute une République. Car au-delà des noms, des clans et des calculs, c’est bien elle que le Gabon attend. Non pour gouverner, mais pour annoncer. Elle n’est pas le pouvoir, mais elle en est le verbe. Dans ce silence habité, l’avenir s’écrit à voix basse.
Murielle Minkoue Mintsa, en prêtant sa voix au moment choisi, ne fera pas qu’énoncer des noms. Elle posera la première pierre visible d’un édifice institutionnel attendu, fragile et décisif. À travers elle, c’est le chef de l’État Brice Clotaire Oligui, qui parlera, et avec elle la promesse d’un renouveau ordonné, responsable et scruté. Dans l’attente, le silence demeure, dense comme un ciel avant l’orage, annonciateur non du chaos, mais d’une aube politique espérée. Ainsi se dessine, dans la patience collective, l’instant fondateur où l’histoire retiendra enfin son souffle et s’offrira au jugement attentif du peuple gabonais.










































