Après un arrêt prolongé et incompris, les travaux sur l’axe routier Lébamba-Bongolo ont repris, suscitant un mélange de soulagement et de méfiance parmi les populations locales. L’entreprise SABA, en charge du chantier, déploie désormais ses équipes sans relâche, y compris les dimanches, pour tenter de rattraper le retard accumulé et redonner confiance aux usagers.
L’interruption des travaux avait alimenté de nombreuses spéculations. Les habitants craignaient un abandon du projet, alors que cette route est vitale pour le transport des produits agricoles, l’accès aux services de santé et la mobilité quotidienne. Dans une région longtemps enclavée, ce blocage a été perçu comme un frein majeur au développement économique et social.
Certains riverains n’hésitent pas à dénoncer la gestion du chantier. « SABA est doué pour la construction de bâtiments, pas pour les routes. Ils n’ont pas d’ingénieurs de ponts et chaussées. Je n’ai pas confiance en cette entreprise. Ces travaux ont trop duré, il n’y a pas d’évolution, ça traîne et la route a été rétrécie. Sans mission de contrôle, c’est de la foutaise sur le terrain », affirme Ousmane, exprimant une colère partagée par de nombreux usagers.
D’autres préfèrent relativiser et encourager l’entreprise. « Mes encouragements et vivement que ça arrive à son terme, c’est le plus important. Les gens n’ayant aucune connaissance du fonctionnement d’une administration se mettent dans des spéculations. Si l’entreprise n’avance pas, c’est peut-être que le paiement n’est pas effectif. Les populations et internautes doivent être rééduquées pour plus de lucidité et d’objectivité », explique Lemess, appelant à la patience.
L’axe Lébamba-Bongolo est bien plus qu’un simple tronçon. Il relie des zones agricoles à fort potentiel, facilite l’accès aux marchés et contribue à désenclaver des localités longtemps isolées. Sa modernisation est perçue comme un levier essentiel pour stimuler l’économie régionale et améliorer la qualité de vie des populations.
Si la reprise est une bonne nouvelle, elle ne doit pas occulter les inquiétudes. « Félicitations d’abord, mais ça va finir quand…? », s’interroge Michaël, traduisant l’impatience des riverains. Les populations réclament plus de transparence sur les délais, la qualité des travaux et la pérennité des infrastructures.
La route Lébamba-Bongolo est là représentation d’un Gabon qui veut avancer, mais qui doit prouver que ses projets ne sont pas condamnés à l’interruption et aux retards. La reprise des travaux est une étape positive, mais seule une gestion rigoureuse et transparente permettra de transformer ce chantier en véritable moteur de développement.


























