Le président américain menace l’Iran d’une riposte dévastatrice si aucun accord n’est conclu dans les 48 heures.
La tension entre Washington et Téhéran a atteint un seuil critique ce samedi 4 avril. Sur son réseau Truth Social, Donald Trump a annoncé qu’il restait « 48 heures » à l’Iran pour conclure un accord ou rouvrir le détroit d’Ormuz, sous peine d’une riposte militaire d’envergure. Ce message intervient dix jours après un premier avertissement lancé le 26 mars, dans lequel le président américain avait fixé ce même délai à Téhéran.
Un détroit stratégique au cœur de la crise
Le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial, constitue le point névralgique de ce bras de fer géopolitique. Washington avait déjà suspendu des frappes planifiées contre des infrastructures énergétiques iraniennes jusqu’au lundi 6 avril, repoussant un premier ultimatum. La Maison-Blanche n’exclut désormais plus de cibler les centrales électriques du pays si Téhéran ne cède pas.
Samedi, les forces navales des Gardiens de la Révolution iraniens ont revendiqué une attaque par drone contre le MSC Ishyka, un navire présenté comme lié à Israël, dans le détroit d’Ormuz. Le bâtiment aurait pris feu selon des publications sur le réseau X.
Des frappes croisées et des victimes de part et d’autre
Sur le terrain, le conflit a déjà franchi plusieurs seuils. Une frappe américano-israélienne a atteint le secteur de la centrale nucléaire de Bouchehr, dans le sud de l’Iran, faisant un mort parmi le personnel de sécurité, sans toutefois endommager les installations nucléaires elles-mêmes, selon des médias iraniens. D’autres cibles ont été frappées : un site pétrochimique dans le sud-ouest du pays, causant cinq blessés, ainsi qu’une cimenterie dans le sud.
Du côté américain, un chasseur-bombardier F-15E s’est écrasé vendredi sur le territoire iranien. L’un des deux aviateurs a été exfiltré par les forces spéciales, tandis que le sort du second reste inconnu. L’Iran affirme par ailleurs avoir abattu un second appareil, un A-10 Thunderbolt II, dont le pilote aurait été secouru en mer.
Israël et le Liban aspirés dans l’escalade
Sur le front israélien, six salves de missiles tirées depuis l’Iran ont atteint la région de Tel-Aviv samedi, blessant cinq personnes. En parallèle, l’armée israélienne a de nouveau bombardé la banlieue sud de Beyrouth à l’aube, visant des infrastructures attribuées au Hezbollah.
Le Liban avait été entraîné dans le conflit le 2 mars lorsque le Hezbollah, soutenu par Téhéran, avait tiré des roquettes sur Israël. Depuis, Israël mène une offensive terrestre dans le sud du pays et pilonne de vastes zones du territoire libanais.
Arrestations d’Iraniens aux États-Unis
En marge du conflit, Washington a annoncé l’arrestation de la nièce et de la petite-nièce du général iranien Qassem Soleimani, éliminé en 2020 sur ordre de Trump. Le secrétaire d’État Marco Rubio a justifié ces arrestations par la révocation de leurs titres de séjour, affirmant que l’administration ne tolérerait pas la présence sur le sol américain de ressortissants soutenant des régimes « antiaméricains ».
La communauté internationale retient son souffle alors que l’horloge tourne.


























