La ville de Yaoundé a accueilli, du 31 mars au 1er avril 2026, une importante consultation régionale pour l’Afrique centrale consacrée à la promotion de l’agenda « Femmes, Paix et Sécurité » (FPS). Organisée par Union africaine, cette rencontre a réuni des représentantes de la société civile issues des États membres de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale, parmi lesquelles une forte délégation du Gabon, ainsi que des partenaires techniques et financiers internationaux.
Un cadre normatif structurant : la Résolution 1325
Adoptée à l’unanimité le 31 octobre 2000, la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies constitue une avancée majeure dans les politiques internationales de paix et de sécurité. Ce texte fondateur reconnaît à la fois l’impact spécifique des conflits armés sur les femmes et leur rôle essentiel dans la prévention et la résolution des conflits, ainsi que dans la consolidation de la paix.
Il insiste sur deux impératifs : protéger les femmes contre les violences liées aux conflits et garantir leur participation pleine et effective aux processus décisionnels.
Vingt-cinq ans après : avancées et défis
Dans un contexte mondial toujours marqué par des crises persistantes, notamment en Afrique, la pertinence de cet agenda demeure incontestable. Depuis son adoption, la résolution 1325 a été renforcée par plusieurs textes complémentaires, ainsi que par des instruments continentaux majeurs tels que le Protocole de Maputo ou encore la Déclaration solennelle sur l’égalité de genre en Afrique.
Ces cadres ont permis des progrès significatifs sur le continent, positionnant l’Afrique comme un acteur engagé dans la mise en œuvre de l’agenda FPS. Toutefois, des défis importants subsistent, notamment en matière de ressources financières et de pesanteurs socioculturelles.
Au Gabon, une étape clé a été franchie avec l’adoption, le 23 mars 2021, du premier Plan d’action national de la résolution 1325. Cette initiative traduit une volonté politique affirmée de renforcer la participation des femmes dans les instances de décision liées à la paix et à la sécurité, tout en luttant contre les violences basées sur le genre.

Pour les neuf pays de la CEEAC dotés de tels plans, la rencontre de Yaoundé a constitué une opportunité d’évaluer les progrès réalisés, de consolider les acquis et d’identifier des pistes d’amélioration. Les échanges, structurés en panels et ateliers thématiques, ont mis en lumière les obstacles persistants tout en favorisant le partage d’expériences.
Une participation remarquable du Gabon
La délégation gabonaise s’est distinguée par la pertinence de ses contributions et son engagement en faveur du renforcement du rôle des femmes dans les processus de paix et de gouvernance. Elle a notamment partagé des expériences nationales illustrant des avancées concrètes en matière d’inclusion des femmes dans les mécanismes de prévention des conflits et de consolidation de la paix.
Parmi les points mis en avant figurent :
- les efforts d’intégration des femmes dans les instances décisionnelles ;
- les initiatives de médiation communautaire portées par des organisations féminines ;
- les politiques publiques en faveur de l’égalité de genre.
Les propositions soutenues par le Gabon ont également trouvé un écho favorable, notamment :
- le renforcement des mécanismes institutionnels garantissant la participation effective des femmes ;
- l’augmentation et la structuration du financement des initiatives féminines ;
- le développement de programmes de formation en leadership et en médiation adaptés aux réalités locales ;
- la création d’un observatoire régional de suivi de l’agenda FPS ;
- l’adoption de législations encadrant les nouvelles formes de violences, notamment numériques et politiques ;
Vers une nouvelle dynamique régionale
Cette consultation régionale marque une étape importante dans la consolidation de l’agenda « Femmes, Paix et Sécurité » en Afrique centrale. Elle a mis en évidence le dynamisme des femmes et leur volonté croissante de jouer un rôle central dans les processus de gouvernance et de paix.
Les riches discussions ont ouvert la voie à une nouvelle dynamique sous-régionale, davantage orientée vers des actions concrètes et opérationnelles. Les conclusions de la rencontre traduisent une volonté renforcée de placer les femmes au cœur des politiques publiques, avec une reconnaissance particulière des contributions et des bonnes pratiques portées par le Gabon.


























