À Libreville, le différend autour de l’élection à la Fédération gabonaise de football (Fégafoot) prend un nouveau tournant. Après la décision du Tribunal de première instance, rendue le 31 mars 2026, de se déclarer incompétent dans l’affaire portée par Axel Nguema Edou, les opposants au processus électoral piloté par l’équipe sortante de Pierre Alain Mounguengui changent de stratégie.
La Coalition pour le salut du football gabonais (CSFG) appelle désormais à une mobilisation populaire prévue le 3 avril. Pour ses membres, la bataille ne se joue plus uniquement dans les salles d’audience, mais aussi dans l’espace public, perçu comme un levier pour faire entendre leurs revendications.
Une marche pour dénoncer un «passage en force»
Dans un communiqué, la coalition explique que cette marche vise à alerter sur «les nombreuses violations du processus électoral et le passage en force orchestré par l’équipe sortante». Le rassemblement doit débuter à 12 heures, avec un itinéraire allant de l’immeuble du 9 étages jusqu’au ministère en charge des Sports.
Les organisateurs insistent sur le caractère pacifique de l’initiative, présentée comme une démonstration collective de mécontentement. Ils entendent ainsi transformer la frustration accumulée en une mobilisation visible, capable de peser sur le débat public.
Une mobilisation qui dépasse les candidats
La CSFG souhaite élargir le mouvement bien au-delà des seuls candidats recalés. Elle appelle à la participation des clubs, des joueurs en activité ou retraités, des entraîneurs, ainsi que des supporters et des médias. L’objectif est de créer une dynamique commune, à l’image d’un stade où toutes les voix se rejoignent pour défendre un même enjeu.
Selon la coalition, «toutes les dispositions sont prises pour encadrer cette mobilisation», afin d’éviter tout débordement et de garantir un déroulement maîtrisé.
Le reflet d’une crise plus profonde
Au-delà du scrutin contesté, cette initiative met en lumière une crise structurelle du football gabonais. La CSFG évoque la nécessité de rompre avec des pratiques jugées dépassées, affirmant que «la 5e République ne doit pas rester aux portes du sport».
Dans ce contexte, la marche apparaît comme un signal fort, alors que les recours juridiques semblent s’amenuiser. Elle pourrait accentuer la pression autour du processus électoral, qui pourrait conduire à la reconduction de Pierre-Alain Mounguengui, seul candidat validé.


























