Il est des silences qui pèsent plus lourd que les cris. Celui des salles de classe désertées, depuis janvier, résonne aujourd’hui comme un avertissement national. L’école gabonaise est en crise, et avec elle vacille une promesse fondamentale : celle de transmettre le savoir aux enfants, héritiers fragiles mais essentiels de la République.
Face à cette tempête sociale, le président de l’Assemblée nationale, Régis Onanga Ndiaye, a choisi la voie la plus exigeante et la plus noble : celle du dialogue. Après une première rencontre le 4 janvier avec le collectif SOS Éducation “La Base”, il a ouvert les portes du palais Léon-Mba aux représentants de quarante-deux syndicats. Une démarche qui rappelle que l’Assemblée n’est pas un simple décor institutionnel, mais la maison du peuple, appelée à écouter avant de parler.
Les échanges ont mis à nu les plaies du système. Les chiffres avancés par les enseignants claquent comme une vérité froide : sur vingt-sept mille agents, seules quatre mille situations administratives ont été régularisées, soit 14,81 %. Pour beaucoup, ce retard est le symbole d’une reconnaissance différée, d’un effort sans retour immédiat.
Mais un éditorial ne saurait ignorer l’autre face du miroir. Car pendant que les revendications s’empilent, les enfants attendent. Chaque jour sans cours est une page blanche imposée, une inégalité qui se creuse, un avenir repoussé. Négocier, oui. Bloquer indéfiniment l’école, non. Le compromis n’est pas une capitulation, c’est une respiration collective.
C’est dans cet esprit que Régis Onanga Ndiaye a appelé à la reprise des cours, tout en s’engageant à transmettre fidèlement les doléances à l’Exécutif. Une posture d’équilibre, souvent mal comprise, parfois caricaturée sur les réseaux sociaux. Le président de l’Assemblée a d’ailleurs fermement rejeté les accusations l’accusant d’encourager la poursuite de la grève, rappelant que tous les échanges ont été enregistrés, preuve d’une transparence assumée.
Aujourd’hui, l’urgence n’est plus à la surenchère verbale mais à la responsabilité partagée. Sauver l’école gabonaise exige de tenir deux vérités à la fois : réparer les injustices subies par les enseignants et protéger le droit fondamental des enfants à l’éducation. L’Assemblée a tendu la main. Il appartient désormais à tous les acteurs de la saisir, pour que la craie recommence à écrire l’avenir.
Par Roland Olouba Oyabi, Journaliste et directeur de publication de Gabon Mail Infos












































